Perdre du poids : le sport et les techniques comportementales

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 18 Décembre 2002 : 01h00
Mis à jour le Jeudi 09 Avril 2015 : 17h13
-A +A
Une augmentation de l'activité physique (notamment en faisant du sport) est vivement recommandée pour augmenter les effets de la diététique. Et une intervention " comportementale " aide souvent à soutenir l'effort, et à garder ensuite les bonnes habitudes

Le sport, ou une activité physique (marche, jardinage, etc.) peut être une manière d'accroître les dépenses de l'organisme, donc d'aider à la perte de poids. L'activité physique est aussi une bonne façon de remodeler la silhouette, si on parvient à augmenter visiblement la masse musculaire tout en diminuant la masse grasse. Les performances peuvent aussi être bien améliorées par une activité physique, et notamment les performances de l'appareil respiratoire, l'habitude de faire des efforts améliorant la capacité des muscles de la ventilation.

Moins trois kilos

Cependant, la contribution de l'activité physique à la perte de poids est relativement modeste. Dans trois essais comparant la diététique seule à la diététique associée à une activité physique pendant 9 mois à 2 ans, la perte de poids a été de 1,5 kg à 3 kg de plus dans les groupes pratiquant un sport. En fait, cela n'a rien d'étonnant, car si le sport dépense de l'énergie, il augmente l'appétit (rendant les efforts diététiques plus difficiles) et surtout, tout en faisant (modestement) fondre les tissus graisseux, il fait se développer les tissus musculaires. Or le muscle étant beaucoup plus dense que le tissu adipeux, l'allure générale du corps peut se modifier sans que la bascule en soit forcément un bon témoin.

La psychologie comportementale à la rescousse

Les techniques de psychologie comportementale sont des techniques qui visent à modifier les comportements des individus par une action directe. Il s'agit d'aider les personnes obèses à améliorer leur alimentation, soit en leur faisant perdre certaines habitudes, soit en les aidant à en prendre de nouvelles, soit encore en leur proposant un soutien psychologique pour poursuivre leurs efforts.

Les techniques comportementales en question sont multiples et recouvrent : des techniques d'auto-évaluation, de gestion du stress, d'identification des circonstances ou de stimuli déclenchant une prise alimentaire irraisonnée, de résolution de problèmes, de renforcement par des récompenses, de lutte contre les pensées négatives, et enfin le recours à des groupes de soutien.

A elles seules, les techniques comportementales ne semblent pas capables de provoquer une perte de poids. En revanche, associées à un régime diététique modérément restrictif, une intervention comportementale augmente la perte de poids. Il est en effet particulièrement important d'être motivé pour persévérer à long terme, puisque malheureusement, plus de 80% des personnes ayant suivi un régime seul reprennent ensuite progressivement du poids...

Selon la Haute autorité de santé (HAS), dans le cadre de la prise en charge médicale du surpoids et de l’obésité de l’adulte, « toutes les approches favorisant l’aptitude au changement peuvent être prises en compte ». Mais les techniques comportementales ou cognitivo-comportementales sont à privilégier car elles ont fait « la preuve de leur efficacité ».

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 18 Décembre 2002 : 01h00
Mis à jour le Jeudi 09 Avril 2015 : 17h13
Source : Douketis JD. et coll. " Periodic health examination, 1999 update : 1. Detection, prevention and treatment of obesity " Canadian medical association journal 1999 ; 160 (4) : 513-525. Fricker J. " Le nouveau guide du bien maigrir " Odile Jacob éd., Paris 1996, 484 pages. Leiter L.A. et coll. " Recommendations on obesity and weight loss " Canadian medical association journal 1999 ; 160 (9S) : 7-12. Prescrire rédaction " Traitements de l'obésité : peu de données issues d'essais comparatifs " Prescrire 1999 ; 19 (194) : 248-249.
A lire aussi
Besoins nutritionnels des sportifs Publié le 25/02/2002 - 00h00

Le sport modifie certains besoins nutritionnels mais pas systématiquement : tout dépend du type de sport que l'on pratique et surtout de sa fréquence, de son intensité et de la durée de l'exercice musculaire qui mobilisent plus ou moins d'énergie et de nutriments entraînés par la dépense...

Les bienfaits de l'activité physique : de la tête aux pieds ! Publié le 09/03/2009 - 00h00

La sédentarité s'accompagne d'effets délétères sur la santé. Elle constitue un facteur majeur d'augmentation du risque de développer ou d'aggraver diverses maladies. A l'opposé, l'activité physique apporte des bénéfices santé à tout âge. Ceux-ci viennent d'être listés dans un rapport...

Plus d'articles