Paralysés, un espoir de remarcher ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 16 Juillet 2003 : 02h00
Mis à jour le Mardi 10 Décembre 2013 : 15h04
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Un exploit vient d'être accompli : refaire marcher des souris paralysées. Ces travaux offrent l'espoir de retrouver une certaine autonomie aux 400.000 Français aujourd'hui paraplégiques ou tétraplégiques après un traumatisme.

Thérapie génique visant la GFAP et la Vimentine

Il n’y a pas si longtemps encore, espérer faire à nouveau marcher une personne confinée dans un fauteuil roulant relevait de la fiction. En effet, la régénération des cellules nerveuses (neurones) dans le cerveau ou la moelle épinière était considérée comme impossible. De plus, les tentatives visant à restaurer la locomotion en reconnectant les deux extrémités d'une moelle épinière lésées se sont toujours soldées par un échec.

L’obstacle cicatriciel

L'hypothèse des auteurs de cet exploit était la suivante : suite à une lésion, la régénération des neurones est bloquée par une cicatrice composée d'une accumulation de cellules gliales dénommées « astrocytes ». Ces dernières constituent un tissu de soutien du système nerveux, mais en cas de lésion, elles sécrètent deux protéines, la Vimentine et le GFAP, lesquelles forment une barrière cicatrisante empêchant la repousse neuronale.

Pour démontrer la validité de cette hypothèse, ces chercheurs ont travaillé sur des souris dont les gènes codant pour l'une de ces substances avaient été inactivés. Ces souris, comme des souris témoins, ont ensuite subi une section de moelle ; seules, les souris dont les deux gènes concernés avaient été inactivés ont présenté une moindre réactivité de leurs astrocytes, permettant un bourgeonnement neuronal suffisant pour que des circuits s'établissent à nouveau avec pour conséquence une certaine récupération fonctionnelle.

L’espoir de la thérapie génique

Reste maintenant à traduire cette découverte sur l'animal en stratégie thérapeutique applicable à l'homme. La première stratégie visée consiste à bloquer l'expression de la GFAP et de la Vimentine en utilisant la thérapie génique. Des années sont encore nécessaires pour que les chercheurs réalisent de nouveaux tests sur la souris, puis sur le singe et enfin sur l'homme.

La piste du Neurogel®

Un autre espoir est apporté aux victimes de lésion de la moelle épinière via l’Association Neurogel qui œuvre pour la mise en œuvre d’essais cliniques.

Neurogel® est une matrice extracellulaire synthétique, brevetée mondialement en 1997. Elle a été conçue pour être implantée dans la moelle épinière d’un patient ayant subi une lésion et permettre de rétablir la connexion entre le cerveau et les membres paralysés.

Cette matrice est viscoélastique, biocompatible, non dégradable, non toxique et dont la structure poreuse est inspirée de celle du cerveau embryonnaire. Implantée dans les cavités lésées ou induites chirurgicalement lors de l’ablation de la cicatrice gliale, l’hydrogel favorise la migration des cellules, la régénérescence des vaisseaux sanguins et des fibres nerveuses endommagés, sans risque de rejet.

Ce projet scientifique de l'hydrogel Neurogel, soutenu en France par l’Agence de sécurité du médicament (Ansm) et considéré comme une innovation majeure au sein de la communauté scientifique, pourrait résoudre la problématique de la repousse des fibres nerveuses à la suite d'une lésion de la moelle épinière.

En Ukraine, 30 patients ont ainsi été opérés avec à la clé un début de retour des sensations et de mobilité. Pour l’instant, ces premiers résultats indiquent que cette méthode doit être activement couplée à une rééducation.

A suivre donc…

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 16 Juillet 2003 : 02h00
Mis à jour le Mardi 10 Décembre 2013 : 15h04
Source : Proceedings of national Academy of Science, 10 juillet 2003.
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