dissert
Portrait de cgelitti
Bonjour,

je viens de lire l'article du Dr Paul Bensussan sur la panique,trouble anxieux invalidant. C'est ce que vit ma fille, âgée de 22 ans, depuis l'âge de 14 ans. Ses crises se déroulent quasiement toujours en plein sommeil. Petite, elle était somnanbule. J'ai eu très peur en assistant à quelques unes de ces crises. Elle se réveille en hurlant, avec la peur de mourir tout simplement, avec des signes d'étouffement,le coeur qui s'emballe, des brûlures dans la tête et un sentiment de dédoublement. Elle en est devenue hypocondriaque (un mal de tête est une tumeur cancéreuse au cerveau...nous relativisons).

La première crise connue est survenue à l'école.le diagnostique était : crises de spasmophilie et tétanie. Mais plus grave elle avait perdu la vue pendant quelques minutes. Sur le moment : remède avec sac plastique pour respirer.

En fait, cette crise faisait suite à une autre vécue alors qu'elle avait fumé un joint quelques temps auparavant. Cela s'était très mal passé, "bad trip" comme on dit. Mais elle l'avait caché. Depuis ces premières crises, elle n'a pas fait le pas pour consulter, d'autant qu'elle ne supporte pas l'idée de médicament. Elle est brave et courageuse. En ayant compris le mécanisme de l'angoisse sur l'angoisse, elle essaie de s'auto-rassurer, mais c'est d'autant plus difficile que ça la prend en plein sommeil. Elle arrive à s'apaiser, mais en ressort très, très fatiguée.

Elle prévoit également le plus souvent de prendre des tisanes naturelles apaisantes avant de s'endormir. ça a l'air de fonctionner.

Je ne sais pas si le joint a été déclencheur, même si elle pouvait vivre à ce moment un mal être dans sa vie familiale et amicale, mais son tempérament a changé depuis cette première crise. Avant, elle éait légère, insouciante, pleine de vie et de rires...

Après ont suivi des echecs scolaires à répétition, et elle a trouvé sa voie : aujourd'hui, elle est comédienne et vit une vie intense intérieure et extérieure, en contrôlant le plus possible ses pensées et réflexions morbides qu'elle pouvait avoir. Se faire un personnage à volonté lui permet d'échapper pour un temps à son moi, tout en la construisant. Par enchantement, elle n'a jamais craqué pour monter sur scène. Le trac lui est bénéfique.

Quelques fois, la force "mentale" lui manque encore pour assumer des démarches de la vie quotidienne (panique à l'avance qui se transforme par "pas envie de s'emm...")... mais elle a pris aussi un peu de retard pour devenir adulte, tout simplement.

Je ne sais pas si ses crises disparaîtront à tout jamais, avec ou sans médecin ni médicament, mais j'espère que ceux qui en souffrent pourront néanmoins, comme elle trouver en eux une passion qui vaudra la peine de "survivre" à cela.

Ma fille m'a toujours parlé de ses crises, et tout en essayant de l'apaiser, je ne l'ai pas incité sur le moment à chercher des origines "psy". Juste l'apaiser et lui parler d'amour.

Son pédiatre m'avait dit que quand elle faisait ses crises de somnambulisme (pendant lesquelles elle parlait et se déplaçait), il ne fallait pas lui poser des questions, trop fatiguant pour le cerveau. Juste lui parler doucement en l'invitant à se recoucher. Ce qu'elle faisait. Alors, comme ses crises de panique se passaient le plus fréquemment la nuit, j'ai agis de même, même si là, ça la réveillait.

Aujourd'hui, son petit ami (avec qui elle ne vit pas totalement)ne comprend pas. Ces réveils brusques le déstabilisent et le rendent furieux.

Il faut beaucoup d'amour pour entourer ces personnes et beaucoup de patience et de dialogues.

Voilà, je voulais simplement témoigner et souhaiter bonne chance et persévérence dans l'espoir pour tous ceux qui souffrent.

Véronique

PS : ma fille n'a jamais refumer de joint et supporte difficilement des gens qui fument autour d'elle. Elle boit peu d'alcool, mais lorsque cela arrive, elle n'est pas bien du tout (panique et angoisse). Elle a repris la danse et le sport. Pour la respiration, c'est essentiel. Et que du bonheur quand on aime. Et en plus, on dort mieux.

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