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Portrait de cgelitti
« PANDEMIE » GRIPPALE A (H1N1) 2009

Dubito ergo sum

Cette lettre ouverte fait écho au communiqué de l?AFSSAPS du 30 octobre 2009 , à l?article de France Info du 12 novembre dernier publié sur son site internet, et à l?intensification récente de la campagne vaccinale antigrippale - à grand renfort médiatique - depuis quelques jours.

Le plaidoyer de certains « experts » en Santé Publique sous-entendait que l?arrêt de la campagne vaccinale américaine de 1976 suite à une « épidémie » de syndromes de Guillain ?Barré (SGB) ainsi que les conclusions de l?étude de 1979 n?étaient que de vagues péripéties. A les lire et les entendre, autant dire que l?Institut National de Veille Sanitaire (INVS) soit un repaire de cancres ?. Ou encore que Zidane ne connaisse rien au football.

Ecrit par un médecin anesthésiste-réanimateur « de province », cet erratum ne vise pas à déclencher un vent de panique chez nos concitoyens, mais plutôt à susciter une urgente introspection disciplinaire. Il soulève de nombreuses incohérences dans la politique sanitaire de nos responsables en Santé Publique, dont les conséquences collectives potentielles mériteraient d?attirer l?attention de chacun. Son contenu s?inscrit donc pleinement dans le respect des valeurs de notre discipline : la Médecine.

Quelle était donc la pertinence scientifique du choix de nos autorités tutélaires, à l?ère de « L?Evidence-Based-Medecine » ?

L?étude du bureau d?épidémiologie du CDC d?Atlanta publiée en 1979 est une étude observationnelle prospective (cohorte de SGB) comparative (cas-témoins ): son niveau de preuve scientifique (NPS) est 3 ? à « moduler » positivement par l?effectif exceptionnel de la population vaccinale de 1976.

Les deux études évoquant un risque attribuable de SGB post-vaccinal de 1/1million sont des études rétrospectives (NPS =5) de faible puissance; à elles deux, elles compilent un nombre de biais considérables. Leur seule circonstance atténuante éventuelle serait leur parution dans une revue à haut « impact factor » : « what else »??

De même, le terme « probable », utilisé par l?AFSSAPS pour qualifié ce cas de Guillain-Barré, signifie que l?imputabilité intrinsèque du « vaccin pandémique » est cotée I3 (niveau maximal possible dans le cas d?un vaccin). Le SGB post-vaccinal étant par ailleurs une complication « notoire », son imputabilité extrinsèque est aussi maximale (B3)?

La « simple conformation aux données actuelles de la science » aurait peut-être voulu qu?on privilégiât l?hypothèse de 1976 et le « Primum non nocere » ?

Pour information, le risque collectif potentiel de SGB imputables à la stratégie vaccinale prônée par le Ministère, la HAS et la Direction Générale de la Santé , serait le suivant :

- d?un côté, la grippe A H1N1 de 2009 devrait occasionner 9 à 17 décès liés à un syndrome de Guillain-Barré (et 19 à 32 patients avec séquelles graves).

- de l?autre, la vaccination systématique de 65 millions de Français engendrerait arithmétiquement 2470 cas de SGB (dont environ 120-125 décès et 250 séquelles graves ) !?

Schématiquement, la stratégie de vaccination française occasionnerait donc 1 décès/handicap sévère (parmi les 7 SGB évitables) toutes les 178 000 vaccinations environ .

Une analyse méthodique (et impartiale) n?aurait-elle pas dû conduire à privilégier une gestion au cas par cas du risque vaccinal par les professionnels assermentés : les « médecins référents » ???

Les autorités sanitaires américaines n?ont (bizarrement ?) pas opté pour cette « stratégie vaccinale indifférenciée» à la Française ? ni aucun autre pays dans le monde d?ailleurs.

« Exception culturelle» ou « amnésie ministérielle » des plaies sanitaires laissées par le Distilbène, la Thalidomide et l? « affaire du sang contaminé » ???

QUEL EST LE RISQUE COLLECTIF OBJECTIF DE LA GRIPPE H1N1 2009 ?

La grippe A (H1N1) 2009 n?est pas une « pandémie » mais une banale épidémie : en témoignent les taux d?attaque, la durée médiane de la vague épidémique (dans l?Hémisphère Sud et aux USA) et sa mortalité spécifique, dérisoires à l?échelle planétaire.

Cette grippe d?opérette a tué environ 10 000 personnes dans le monde depuis le 18 mars dernier, à comparer aux mortalités estimées de 30 à 100 millions, 1-1,5millions et de l?ordre du million des 3 seules pandémies grippales de l?ère moderne .

Aux Etats-Unis, ce virus a tué 3 900 personnes entre début avril et le 17 octobre, alors que la grippe saisonnière en tue annuellement environ 20 à 36 000 (soit 5 à 9 fois plus).

La grippe A H1N1 n?est responsable à ce jour d?aucune « surmortalité » en France , et encore moins au niveau mondial : le comble est que l?épidémie 2009 que nous traversons est manifestement la plus « bénigne » jamais recensée depuis 1918 !

Cette grippe A (H1N1) 2009 a apparemment ôté la vie à 126 personnes en France (au 1er décembre 2009), dont 6 enfants alors que nous observons cette épidémie planétaire au microscope depuis 9 mois : il s?agit donc d?un recueil quasi-exhaustif de la mortalité grippale spécifique 2009 en France métropolitaine. Lors de l?épidémie saisonnière de 2008, l?INVS a rapporté le décès de 77 Français dont 6 enfants du même âge ? dans un total « anonymat médiatique et sanitaire », ce chiffre n?étant qu?un « indicateur », sous-estimant la mortalité grippale globale (et de chaque classe d?âge) d?un facteur 50 à 100.

Pour mémoire : les 6 premières causes de mortalité infantile (liée aux maladies infectieuses) tuent chaque année plusieurs millions d?enfants dans le monde ; le bas âge est en soi un facteur de risque de forme grave et de mortalité grippale.

Le risque collectif (mesuré fébrilement depuis 9 mois) de cette épidémie 2009 apparaît comme arbitrairement surévalué par nos autorités de tutelle nationales.

BALANCE BENEFICE/RISQUE DE LA STRATEGIE SANITAIRE FRANCAISE

1. Le virus H1N1 « pandémique » présent dans le vaccin 2009 diffère-t-il réellement de celui des grippes saisonnières 2008-2009 et 2009-2010 ?

Leurs « petits noms » sont : A/California/ 7/2009, A/Brisbane/59/2007 et A/Brisbane/59/2007-like .

Une « immunité partielle (croisée ?) », conférée par la vaccination saisonnière, ne suffirait-elle pas d?expliquer la très curieuse « sous ?représentation des populations à risque habituelles », et d?envisager une « surreprésentation artificielle des patients jeunes et sans comorbidité», dans les cas de décès recensés en 2009 ?

Cette hypothèse semblerait peut-être « plausible » aux auteurs de l?article du BMJ paru le 06 octobre 2009 , publié par l?Institut National de Santé Publique Mexicain (et soigneusement occulté par nos « Hyper-Communicants Sanitaires Politiques»)?

2. Quelle est à la pertinence médicale de cette « stratégie vaccinale de masse » ?

? Depuis quand l?indication de vaccination grippale concerne-t-elle (en dehors du cadre pandémique) des individus sans facteurs de risque de gravité?? alors que la grippe saisonnière touche « classiquement » tous les ans des sujets jeunes sans comorbidité dans 25-50% des cas, sans avoir entraîné pour autant de modification du schéma vaccinal.

? En quoi l?hospitalisation de 12 femmes sans comorbidité et le 2 décès de femmes enceintes hospitalisées) parmi les 3 millions de parturientes américaines permet-il d?étendre cette « vaccination pandémique » à toutes les parturientes françaises? ? alors que nous n?avons à ce jour objectivé « que » 2 décès maternels avec comorbidité (pour une moyenne de 70 décès obstétricaux annuels) parmi les 700-800 000 grossesses annuelles nationales.

? Quelle est le rationale de la « prévision ministérielle d?épidémie en plusieurs vagues » sur le territoire métropolitain ? ? alors qu?il n?en a rien été dans tous les pays précédemment touchés et que la vague épidémique 2009 ressemble très étrangement à la celle de l?épidémie saisonnière 2003 . Bienvenue dans « le Désert des Tartares », royaume de la météorologie sanitaire à 5 semaines et de l?illusion pandémique à 6 ans ?

? En quoi la « transmission à un chat » constitue-t-elle un « scoop » !? La grippe est une épizootie très contagieuse ? le confinement (du foyer familial) favorise « classiquement » sa transmission. Pourquoi pas une « indication » de «vaccination des propriétaires d?animaux domestiques » édictée le 09/12/09 par notre Ministère de tutelle!

3. Où est l?évaluation du Service Médical Rendu des vaccins monovalents commercialisés ???

Leur teneur en principe actif (3,75 à 7,5 µg d?antigène viral splitté inactivé) même avec adjuvants ne possède à ce jour aucune preuve tangible de non infériorité.

L?étude chinoise de phase II « à la méthodologie robuste » publiée en octobre 2009 (!) suggérait plutôt un meilleur rapport efficacité (immunologique) ? tolérance (clinique) en faveur de la formulation classique à 15 µg sans adjuvant?

Qu?importe, ces « vaccins pandémiques » ont bénéficié d?une AMM « sous circonstances exceptionnelles » délivrées (au forceps ?) par l?agence européenne du médicament EMEA ? principalement à partir des données disponibles pour un vaccin H5N1 !?

En outre, aucune donnée fiable n?est disponible concernant les conséquences allergiques et neuroimmunologiques éventuelles d?une préparation vaccinale « mock-up » (et à base d??uf, de thiomersal et de squalène) administrée à une population pédiatrique âgée de 6 à 35 mois?

Question désormais pressante à la communauté médicale (et aux juridictions compétentes).

Comment qualifie-t-on l?utilisation d?une formulation vaccinale inédite et n?ayant pas d?AMM stricto sensu, chez près de 3 millions de Français (sans facteur de risque de morbimortalité importante), en pleine vague épidémique, afin de se prémunir d?une grippounette fantoche ???

Cet essai de phase III , réalisé sans consentement éclairé des patients (notamment les représentants légaux de mineurs) a pu être mené tranquillement et « à l?insu de notre plein gré » grâce au court-circuit systématique (et opportun ?) du médecin généraliste et à une « surmédiatisation» abrutissante depuis 7 mois?

QUEL EST LE RATIONALE MEDICAL D?UNE PRESCRIPTION SYSTEMATIQUE DE TAMIFLU ?

Cet antiviral a apparemment bénéficié d?une extension d?AMM et d?une décision autoritaire de remboursement à 100% en dépit:

- du 4ème avis défavorable réémis explicitement par la Commission de la transparence du 21/10/09

- des limitations pesant sur l?efficacité clinique de l?oseltamivir et surtout sur sa tolérance en cas de délivrance « débridée »

- d?une balance bénéfice-risque plutôt mitigée dans la population pédiatrique au vu d?une méta-analyse récente (réalisée par une équipe d?Oxford)? et insuffisamment étayée dans la classe d?âge des 6-12 mois.

- du passage manifeste du pic épidémique sans aucune surmortalité objective.

QUEL EST LE COUT COLLECTIF DE LA STRATEGIE SANITAIRE MINISTERIELLE ???

- du kit de formation (!) et d?information envoyé à partir d?avril 2006 à 450 000 professionnels de santé.

- aux 450 000 kits de protection comportant des masques envoyés en mai 2007

- du système « d?informations de référence » « DGS-Urgent » et de la plate-forme téléphonique « mis à la disposition des professionnels de santé », alors que des réseaux « ultra-rôdés » existent déjà : INVS, GROG et OSCOUR?

- aux 94 millions de doses vaccinales commandées par nos autorités de tutelle

- des 25 millions de doses de Tamiflu emmagasinées dès l?été

- aux diagnostics virologiques à 280 euros?

? pour accoucher d?une épidémie de pacotilles.

Enfin, ultime interrogation adressée à l?ensemble de la communauté médicale de ce pays : que signifient concrètement, pour chacun d?entre nous, ces trois principes inscrits au Code de Déontologie Médicale (et donc au code Santé Publique ») :

- liberté de prescription (article 8)

- information loyale et consentement éclairé du patient (articles 35 et 36)

- indépendance professionnelle inaliénable (article 3) ?

A ceux qui en douteraient encore, cette lettre est bien un appel à la « désobéissance civique », lancé à tous nos concitoyens indécis: le seul expert habilité à évaluer le meilleur compromis ente bénéfice et risque INDIVIDUELS est votre médecin traitant.

Elle se voudrait aussi un électrochoc (salutaire ?) administré à notre « grand Corps malade ». J?en appelle ici explicitement à la Conscience Déontologique de l?Ordre des Médecins, aux professionnels inflexibles de la Commission de la transparence, de la revue « Prescrire » et de l?INVS ?. Et à tous les soignants (médusés par tant d?inconséquence) croisés sur la toile.

La seule « pandémie » à laquelle nous devrions TOUS faire face aujourd?hui est une colossale épidémie de bêtise et d?ignorance bafouée, de charlatanisme et d?arrogance, de cupidité et de prosélytisme criminels.

Je doute? donc je suis .

Dr Willy A. JAVITARY

Médecin anesthésiste-réanimateur

Polyclinique saint Roch

34 000 MONTPELLIER

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