Obésité : le PYY entame l'appétit

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 01 Octobre 2003 : 02h00
-A +A
Après les déceptions provoquées par la leptine et l'adiponectine, le PYY, un fragment d'hormone digestive, redonne espoir dans le traitement pharmacologique de l'obésité. Selon les premiers résultats, cette substance diminue l'appétit de 30%.

Leptine, quelle déception !

Il y a quelques années, la leptine a suscité beaucoup d'espoirs. En effet, on a découvert que cette substance était capable de moduler dans le cerveau les circuits impliqués dans l'appétit. Malheureusement, on s'est aperçu que les sujets obèses développaient une résistance marquée à la leptine, la rendant très rapidement inefficace dans leur traitement.

Nouvelle ouverture avec le PYY

Depuis, les chercheurs se sont tournés vers le PYY, un fragment de l'hormone intestinale YY. C'est ainsi que l'année passée, une équipe a démontré que le PYY pouvait limiter l'appétit et la prise alimentaire de sujets sains. Parallèlement, chez des rongeurs, il induit une baisse de la prise de poids.Une inquiétude de taille persistait alors : dans la mesure où le PYY agit comme la leptine sur les circuits cérébraux de l'appétit, il se pourrait que les personnes obèses développent également une résistance envers le PYY.

Afin de vérifier ce point, 24 sujets, obèses ou minces, ont reçu une perfusion intestinale de PYY ou d'un placebo. En début d'étude, les auteurs constatent que les niveaux endogènes de PYY étaient significativement plus bas chez les obèses, comparés à ceux des plus minces. En outre, les concentrations en PYY diminuent d'autant plus que l'indice de masse corporelle s'accroît.Ces éléments suggèrent qu'un déficit en PYY pourrait contribuer au développement de l'obésité. Autres résultats, chez les minces comme chez les personnes obèses, deux heures après la perfusion de PYY, la prise calorique des sujets lors d'un buffet « service à volonté » diminuait en moyenne de 30% par rapport au placebo. Ainsi, soulagement, les obèses ne sont pas résistants aux effets anorectiques du PYY.

Reste maintenant à vérifier si cet effet se traduit réellement par une perte de poids et si cette molécule peut à elle seule apporter une solution à l'obésité. En effet, en l'état actuel des connaissances, il est fort improbable qu'un unique produit puisse s'attaquer aux mécanismes si complexes de l'obésité, notamment induire à la fois une perte une perte de poids et la maintenir.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 01 Octobre 2003 : 02h00
Source : Batterham R.L. et coll., N. Engl. J. Med., 349 : 927-928, 2003.
A lire aussi
Obésité : la piste des bactéries intestinales Publié le 02/01/2007 - 00h00

La flore intestinale est essentielle à la digestion. En effet, les milliards de bactéries qui la composent participent directement à la dégradation des aliments. Des chercheurs viennent de démontrer que les bactéries ne sont pas proportionellement les mêmes chez les personnes obèses par...

Rimonabant : sans tabac ni kilos Publié le 19/05/2004 - 00h00

Comment arrêter la cigarette sans prendre de poids ? Rimonabant, un médicament testé actuellement aux Etats-Unis, pourrait apporter une solution. En effet, cette substance est dotée de deux propriétés hautement intéressantes. D'une part, elle contribue à la perte de poids, d'autre part, elle...

Plus d'articles