Nos vêtements sont imprégnés de substances toxiques

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 22 Novembre 2012 : 17h13
Mis à jour le Jeudi 03 Janvier 2013 : 15h32

Le rapport de Greenpeace intitulé « Les dessous toxiques de la mode », dénonce la présence de produits chimiques toxiques dans la plupart de nos vêtements.

Déversés au fil des lavages, perturbateurs endocriniens et cancérigènes s’accumulent dans notre environnement et représentent une source inquiétante de pollution des eaux…

© getty

Plus des deux tiers des vêtements contiennent des substances toxiques

Pour cette enquête, l’ONG a analysé 141 vêtements (jeans, pantalons, tee-shirts, robes et sous-vêtements pour hommes, femmes et enfants) de différentes marques (20 marques au total), achetés dans 29 pays et confectionnés dans 18 pays différents (Chine, Vietnam, Malaisie, Inde, Philippines, Indonésie…).

De l’éthoxylate de nonylphénol, produit utilisé comme imperméabilisant, a été détecté dans 63% des articles analysés, soit dans 89 vêtements. Au fil des lavages, cette substance se retrouve dans l’eau où elle se change en nonylphénol, un perturbateur endocrinien qui dérègle le fonctionnement hormonal et la fonction reproductrice. Les concentrations les plus importantes ont été décelées dans des vêtements des marques C&A, Mango, Levi's, Zara, Metersbonwe, Jack & Jones et Marks & Spencers. Mais « toutes les marques présentaient au moins un article contenant des éthoxylates de nonylphénol. Cette substance a été décelée dans au moins un vêtement de 13 des 18 pays de fabrication, et de 25 des 29 pays où ils ont été achetés ».

D’autres perturbateurs endocriniens comme les phtalates ont été retrouvés dans 22% des vêtements analysés, soit sur 31 vêtements comportant des impressions « plastisol » (sérigraphies ou logos sur les textiles). Les plus concentrées en phtalates (utilisés comme plastifiant) ont été identifiés chez Tommy Hilfiger, Armani et Victoria's Secret. Là encore, ces substances finissent par se déverser dans l’eau au gré des lavages, et on les retrouve en bout de chaîne dans les nappes phréatiques, les aliments et les tissus humains (sang, urines).

Des colorants dits azoïques, qui libèrent des amines cancérogènes, ont été détectés dans deux articles de la marque Zara. Selon Greenpeace, « même si les niveaux de concentrations restent en deçà des limites autorisées, il est inacceptable que des vêtements contiennent de telles substances ».

Enfin, de nombreuses autres substances chimiques, dont cinq sont considérées comme « toxiques » ou « très toxiques » pour les organismes aquatiques, ont également été détectées.

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Pollution environementale

« Ainsi, dans tous les pays du monde où elles vendent leurs produits, les grandes marques du textile font de leurs clients des complices involontaires de la pollution des eaux et génèrent un cycle mondial de contamination toxique. »

La présence de ces substances dans nos vêtements est extrêmement préoccupante.

On estime qu’environ 80 milliards de vêtements sont produits chaque année dans le monde. Et la pollution liée au secteur du textile s’étend bien au-delà des pays de fabrication.

L’ONG appelle les marques à s'engager à éliminer onze familles de substances chimiques dangereuses de leur chaîne de production textile d'ici 2020.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 22 Novembre 2012 : 17h13
Mis à jour le Jeudi 03 Janvier 2013 : 15h32
Source : Greenpeace, « Les dessous toxiques de la mode », novembre 2012
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