Nîmes : un médecin aurait injecté un produit dangereux dans l’estomac de patients obèses

Publié par Rédaction E-sante.fr le Jeudi 08 Février 2018 : 18h06

Un gastro-entérologue a été arrêté pour avoir injecté de l'acide hyaluronique à des patients obèses. Cette indication n'est pas autorisée en France.

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C'est une arnaque d'une rare ampleur. Ce 7 février, un gastro-entérologue de Nîmes (Gard), spécialiste de l'obésité, a été mis en examen pour "blessure involontaire, mise en danger de la vie d'autrui et escroquerie". Entre 2011 et 2014, il aurait traité 515 patients obèses  avec un traitement inapproprié, selon nos confrères du Parisien.

Les premières alertes sont émises dès 2014. Aux urgences du centre hospitalier de Nîmes, un patient se présente dans un état grave. Il souffre de complications liées à une récente intervention qui consistait en l'injection d'acide hyaluronique directement dans l'estomac. Une approche censée réduire sa sensation de faim.

Les indications sont restreintes

Le problème, c'est que cette technique n'est absolument pas autorisée en France. L'établissement signale donc cette étrange consultation. Intervient alors l'Agence régionale de santé (ARS), qui constate que d'autres hôpitaux sont confrontés à des situations comparables. 10 patients auraient souffert de complications, selon Le Parisien.

Dans les faits, l'acide hyaluronique bénéficie d'indications restreintes dans le pays. Il est admis dans le comblement des rides et le traitement de diverses arthroses. Mais sa faible efficacité est régulièrement mise en avant par les autorités sanitaires.

Des études ont bien suggéré un intérêt possible contre l'obésité. Mais les résultats sont inégaux et l'efficacité du produit a été jugée insuffisante par de nombreuses équipes.

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447 000 euros escroqués

L'enquête a fini par remonter jusqu'au gastro-entérologue arrêté ce 7 février. Plus de 500 patients auraient fait les frais de ce praticien scrupuleux – peut-être même davantage. Afin de récolter un maximum de témoignages, un appel à victimes a été lancé ainsi qu'une boîte mail dédiée (ddsp30-victimehyalu@interieur.gouv.fr).

Des poursuites pour escroquerie sont également en cours, car ces expériences ont coûté à l'Assurance maladie la modique somme de 447 000 euros. Car, non content de proposer des techniques interdites, le médecin aurait aussi rempli des feuilles de soin falsifiées pour garantir une prise en charge à ses victimes.

Sous couvert d'endoscopies, le spécialiste a donc réalisé ses injections en pratiquant des dépassements d'honoraires. Le tout en maquillant les archives de l'hôpital, afin de masquer son forfait.

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