Naissance d'une santé environnementale

Publié par Nathalie Giraud le Lundi 28 Septembre 2009 : 02h00
Mis à jour le Vendredi 22 Octobre 2010 : 13h56
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L'épidémie de cancers, les allergies et autres maladies des temps modernes sont en constante augmentation. L'impact de l'environnement sur la santé humaine fait son entrée au gouvernement. Qu'est-ce que ca va changer ?

Le premier congrès Européen sur les pathologies environnementales aura lieu en France, au zénith de Rouen les 9 et 10 octobre prochain. Ce nouveau rendez-vous d'experts en cancérologie, nutrition, endocrinologie, allergologie et bien sûr en santé environnementale arrive à point nommé pour éclairer les citoyens et les médecins. De plus, la secrétaire d'État à l'Écologie, Chantal Jouanno, a renforcé la place quasi inexistante qui était faite à la santé dans le Grenelle de l'Environnement. Ainsi, en juin dernier, elle a déjà fait interdire la vente de téléphones portables aux enfants jusqu'à leur entrée au collège car ces ondes électromagnétiques peuvent endommager le cerveau en pleine construction à cet âge. Sur le terrain, de plus en plus de médecins se mobilisent. Branle-bas de combat aussi à l'Afsset (l'agence française de sécurité sanitaire de l'environnement) qui envisage non moins qu'un changement de paradigme sur la réglementation, soit une véritable petite révolution sociétale : le principe de précaution devrait prendre de l'ampleur grâce à leurs dernières recommandations liées à l'explosion des cancers. Ils proposent aux industriels des substitutifs pour remplacer les substances cancérogènes. À suivre de près.

Pollutions et pesticides auront-ils notre peau ?

Différentes pollutions ayant gagnées du terrain ces dernières décennies, les facteurs environnementaux sont étudiés par les scientifiques, les connaissances se développent et des résultats édifiants tombent. Des chercheurs de l'Inserm viennent de démontrer que les agriculteurs utilisant des pesticides voyaient doubler le risque de contracter la maladie de Parkinson, la deuxième maladie neuro-dégénérative la plus fréquente après la maladie d'Alzheimer. Et pourtant, l'utilisation de pesticides est toujours 'obligatoire' alors que l'agriculture biologique offre un modèle fin prêt à l'emploi et sans risque ! L'Afsset vient de rendre son 'avis' sur les cancers et l'environnement. Contrairement à la position de l'Académie de Médecine qui attribue seulement l'environnement à 1 % des cancers, l'Afsset n'avance pas de pourcentage exact, mais évoque jusqu'à 90 % le risque environnemental pour les cancers chez l'enfant et jusqu'à 50 % pour plusieurs cancers chez l'adulte. En effet, une étude épidémiologique sur les cancers et les leucémies de l'enfant tend à montrer un lien entre l'utilisation domestique de pesticides et le développement de leucémie. De nombreuses équipes de recherche étudient les liens possibles entre des expositions environnementales et certains types de cancers de l'enfant, comme ceux touchant le sang et le cerveau. Seule l'exposition aux radiations ionisantes est reconnue comme cancérogène certain. D'autres facteurs, tels que les champs électromagnétiques d'extrêmement basse fréquence, les pesticides et la pollution atmosphérique générée par le trafic automobile sont suspectés. Reconsidérer le terme environnement dans son sens large est l'une des nouvelles missions des scientifiques car l'environnement, c'est aussi la nutrition comme tout ce qui est en interaction avec l'organisme humain.

Les médecins se mobilisent

Les questions de médecine environnementale sont si peu enseignées à l'université qu'un diplôme vient d'être créé par trois facultés parisiennes (Paris-V, VI et VII). L'un des fondateurs est le professeur André Aurengo, chef du service de médecine nucléaire à la Pitié-Salpêtrière. Ce DIU ouvert aux médecins aborde l'écotoxicologie, l'évaluation des risques sanitaires ou encore la qualité de l'air intérieur. Autre initiative : le c2ds, le comité pour le développement durable en santé, a sorti le tout premier guide des pratiques vertueuses 2009 dans les hôpitaux et les cliniques. Ces lieux de santé doivent en effet devenir des modèles écologiques qui n'utilisent plus de substances toxiques et cancérigènes. Un comble. En effet, on trouve de nombreux poisons dans les couloirs des hôpitaux : du formaldéhyde cancérigène dans les sols, des phtalates mutagène, reprotoxique et cancérigène dans le matériel d'isolation, des détergents toxiques… Et pourtant, de nombreuses alternatives existent.

Publié par Nathalie Giraud le Lundi 28 Septembre 2009 : 02h00
Mis à jour le Vendredi 22 Octobre 2010 : 13h56
Source : Côté santé
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