Charlotte-Lee
Portrait de cgelitti

Bonjour à tous,

Je tenais à vous faire part de mon témoignage sur cette drogue que l'on appelle cocaïne. J'espère qu'il pourra vous servir, mais je vous avoue que c'est surtout le fait de n'avoir personne à qui en parler qui me pousse à écrire.

Voilà, j'ai 25 ans, et je suis quelqu'un qui a longtemps été très mal dans sa peau : à partir de 10ans, j'ai pris énormément de poids, pas d'un coup, mais petit à petit. A l'école, j'avais des potes, mais j'étais souvent réduit à mon apparence, les enfants de cet âge n'ayant que peu de pitié (ce que je comprend aujourd'hui, un enfant, c'est innocent, mais cruel aussi). Cela continua jusqu'à l'adolescence, LA période où l'on aimerait s'accepter, mais j'ai vécu de longues années de solitude affective, très peu de copines, beaucoup d'humiliations. Je suis par ailleurs une personne sensible, réservée, mais douée justement de cette sensibilité artistique et morale qui me rend aujourd'hui, je le pense, si différent et si intéressant auprès des autres. Je vous dit cela sans aucune prétention, c'est ma personne.

Bref, quand tu te sens mal, tu vis par procuration, au jour le jour, tu te renfermes sur tes hobbies et tu fuies les glaces qui te renvoient une image si horrible de toi.

Pourtant, il y eut un déclic ... J'en ai eu marre. Passé la vingtaine, n'ayant pas avancé d'un poil, ni sur mon physique ni sur mon mental, et après avoir traversé une dépression nerveuse qui ne fit que me conforter dans ma détresse, je décidai de prendre le taureau par les cornes, en m'oubliant, et en n'ayant comme horizon que mon seul objectif : changer, ou plutot, devenir ce que j'avais toujours été intérieurement, et kiffer la vie de façon naturelle et décomplexée.

Cela commenca par une réorientation, je ne faisais pas ce dont j'avais envie dans la vie. Puis naturellement vint le surpassement de moi même : je perdis 30 kilos en très peu de temps, en adoptant un régime drastique cummulé avec une pratique intensive de sports d'endurance.

C'est la meilleure chose que j'ai entrepris : je ne me reconnaissais plus moi-même, j'étais beau, musclé, mince, je découvrai que j'avais un charme à toute épreuve, bref.... j'ai pris confiance en moi. Je devins alors la coqueluche de mon nouvel entourage, des gens étaient admiratifs de ma personne, ne me connaissant pas avant, et j'étais libéré, enfin ! Je revivais, c'était inespéré, ce furent les plus belles années de ma vie .... 4 années grisantes.

C'est au moment où je découvris les joies et les peines d'une relation, puis d'une séparation amoureuse, que je me suis mis à tenter de prendre de la cocaïne (cette période remonte aujourd'hui à un an). Je ne sais même plus à vrai dire, non, pour être honnête, j'avais envie de rattraper le temps perdu, de vivre rock'n'roll, d'expérimenter.

Mon premier feeling sur le produit : c'est GÉNIAL !!!! On se sent puissant, on est drôle, performant, endurant en soirée (il faut le dire, dès que t'es trop bourré, un rail de coke et t'es reparti !).

Ce fut d'abord une consommation très occasionnelle, uniquement festive, et je ne le renie pas, j' en ai d'excellents souvenirs ! (je suis guitariste, assez doué par nature, je pris donc gout aux sessions "Jam" avec d'autres musiciens, à improviser toute la nuit, avec passage régulier aux toilettes pour se .... remotiver. La coke t'inspire et te libère de tes inhibitions, même musicales). Je tiens à préciser que ma consommation était solitaire, personne n'était au courant, et je m'assurais bien de me laver le nez, de me moucher, pour que cela passe inaperçu ...

Rapidement, avec des examens de plus en plus stressants et intenses, je me mis à en prendre pour continuer d'être performant.

C'est ici que commence le réel danger. Peu à peu, tu ne te sens "éveillé" que sous coke. Pire : sans cocaine, tu as l'impression de ne plus être aussi réceptif et sensible aux choses (humour, émotion devant un bon film, extase lors d'un rapport sexuel).

C'est ainsi qu'un soir je fut contraint de me rendre à l'hopital pour des symptomes extrêmement effrayants de tachicardie ventriculaire (la qualité de la coke que j'avais à cette époque devint épouvantable, et quand t'en veux, tu te dis que sniffer la merde qu'on ta vendue en plus grande quantité te fera le même effet ...).

Depuis, je limite ma conso. Je ne vous mentirai pas, j'en ai repris par moments, mais je me force à arrêter. Pourtant, quelque soit la période de sevrage, j'en ai toujours envie.

J'arrive à m'en passer, je n'ai pas consommé pendant assez longtemps pour y être accro, mais ça va très vite. On peut dire que j'en suis légèrement dépendant.

Je ne saurai que vous déconseiller ce produit, non pas parce que c'est "mal", mais justement, parce que c'est une drogue grisante, qui décuple votre égo. Le revers de la médaille est énorme : quoi que j'y fasse, il est dur de se retrouver "comme avant", à kiffer sans y penser. Vous y perderez une partie de vous même.

Je garde espoir, je suis revenu de beaucoup plus loin que ça, et il m'arrive de retrouver le goût des choses simples, au prix d'un travail titanesque sur mon mental.

Mon témoignage est honteusement long, je m'en excuse, mais vous ne pouvez pas imaginer le bien que ça fait d'en parler, ne serait-ce que de l'écrire ...

Si quelqu'un passe par là, qu'il souhaite en parler, me conseiller, partager, n'importe quoi ... quelque part j'ai besoin de vous, qui que vous soyez.

Merci pour votre patience

William Blake

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