Mon enfant s'est fait mal, que faire ?

Publié par Dr Catherine Solano le Mardi 13 Septembre 2005 : 02h00
Mis à jour le Mardi 31 Mai 2016 : 17h01
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Un enfant tombe, se fait mal, pleure et nous voilà, nous parents ou adultes, bien en peine pour le consoler. Et nous ne savons pas toujours comment nous y prendre ! Voici donc quelques petits trucs qui marchent vraiment.

La tendance naturelle d'un adulte secourable, gentil et attentionné sera de dire à un enfant qui pleure pour un « bobo » : « mais non, rassure-toi, ce n'est pas grave », « arrête de pleurer, ce n'est rien ». Or ce n'est pas la bonne méthode ! En effet, pour entrer en communication avec quelqu'un qui souffre (enfant ou non), il faut commencer par accepter sa souffrance. Ici, dire par exemple « Oh là là ! Tu es vraiment tombé très fort. Tu dois avoir très mal. » Ou encore « tu as pris un sacré choc, ce doit être atroce comme douleur », « tu saignes, ça doit piquer pas mal »

Certains adultes auront le sentiment que ce genre d'affirmation va accentuer le problème. L'enfant, se sentant plaint, va pleurer d'autant plus fort. Or c'est faux, au contraire, il se sent compris, il ressent très profondément votre empathie, voit que vous ne vous moquez pas de lui. Ce que vous y gagnez, c'est sa confiance, et il est prêt à écouter ce que vous lui direz par la suite. Et qu'allez-vous lui dire ?

Vous pouvez continuer par « ce genre de coup, au début, ça fait très très mal », « un bobo comme ça, pendant plusieurs minutes, c'est horrible comme on souffre ». Vous avez l'impression de continuer dans le même registre ? Ce n'est pourtant pas le cas ! Vous faites maintenant passer une suggestion indirecte. Cela fait mal, mais cela ne durera pas. La douleur va s'arrêter. Et il l'entend, car il le sait déjà pour l'avoir expérimenté. Quand il se fait mal, ça ne dure pas toute la vie. La souffrance est limitée dans le temps.

Vous pouvez donc enfin lui dire « tu vas voir, dans quelques instants, ça fera déjà un peu moins mal ». Il est possible qu'il acquiesce. Dans ce cas, profitez-en pour glisser « tu es très courageux, tu as eu très mal, je m'en rends compte, mais tu es très courageux ».

Et puis, une dernière chose peut encore l'aider : agir !

En effet, contre une douleur, quelle qu'elle soit, rien ne vaut l'action, qu'elle soit ou non utile scientifiquement ! Pulvérisez une lotion désinfectante sur la plaie, collez un pansement, soufflez ou faites un bisou sur son hématome, passez-y de la pommade à l'arnica ou donnez-lui quelques granules homéopathiques d'arnica (même si vous pensez qu'il s'agit d'un placebo). Le fait de vous occuper de lui, de lutter contre le mal est très efficace pour détourner son attention de sa douleur.

Et si jamais c'est vraiment grave ?

Les mêmes conseils sont valables. Ne lui mentez pas. Soyez empathique, honnête et rassurant. « C'est grave, tu souffres, et nous allons tout faire pour te soulager et te soigner le plus vite possible ». À parler vrai avec un enfant, vous gagnez sa confiance un peu plus à chaque fois. Ce sera d'autant plus facile lors d'un nouvel incident !

Publié par Dr Catherine Solano le Mardi 13 Septembre 2005 : 02h00
Mis à jour le Mardi 31 Mai 2016 : 17h01
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