Migraine : 6 règles d’or pour en finir avec les maux de tête !

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Mardi 14 Juin 2016 : 17h59
Mis à jour le Jeudi 30 Juin 2016 : 11h49
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De nombreuses personnes continuent à souffrir de maux de tête et de migraines qui leur empoisonnent l’existence. Pourtant, des traitements spécifiques de la crise de migraine comme les triptans existent. Encore faut-il savoir les utiliser. Mode d’emploi.

Qu’est-ce que la migraine ?

La maladie migraineuse se caractérise par des crises (céphalées) répétées dues au fait que le cerveau est particulièrement hyperexcitable chez certaines personnes. Lors de la crise, un nerf appelé trijumeau qui innerve le crâne, le visage et les fines membranes enveloppant le cerveau (les méninges) libère des substances chimiques au niveau des artères des méninges. Celles-ci entraînent une augmentation du calibre de ces artères (vasodilatation) et un phénomène d'inflammation, responsable de la douleur migraineuse.

Crise de migraine : débuter le traitement par un anti-inflammatoire

Aux préjugés que les neurologues continuent d’entendre en 2016 sur la migraine s’ajoute un fatalisme ambiant incitant à l’automédication sauvage et une surconsommation d’antalgiques en vente libre (1). Souvent, plusieurs médicaments sont pris lors d’une même crise de céphalée. Mais au final, dans un cas sur deux, il n’y a aucun soulagement deux heures après. Le jeu n’en vaut pas la chandelle car le risque est de tomber dans le cercle vicieux des céphalées par abus médicamenteux ("céphalées chroniques quotidiennes").

30 à 45% des migraineux n’ont jamais consulté pour ce motif et 60% ignorent leur statut de migraineux (2). Mais si l’on ne consulte pas, encore faut-il bien s’auto-médiquer ! Contrairement au premier réflexe que l’on pourrait avoir, le premier traitement dit "non spécifique" recommandé en cas de maux de tête n’est pas le paracétamol mais les anti-inflammatoires (anti-inflammatoires non stéroïdiens/AINS comme l’ibuprofène), disponibles sans ordonnance. Malgré les consignes des spécialistes, le paracétamol, qui ne possède aucune autorisation de mise sur le marché (AMM) dans l’indication de migraine est très utilisé en première position par les migraineux mais aussi par les médecins (46% des médecins) (3).

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Mardi 14 Juin 2016 : 17h59
Mis à jour le Jeudi 30 Juin 2016 : 11h49
Source : (1) La lettre du neurologue 2000;IV(suppl.5):14-16 ; (2) Cephalalgia. 2005 avr;25(4):267-79 ; (3) Dr Clémentine Cordier 12 Nov 2015 Prise en charge des patients migraineux en 2015 par les médecins généralistes de Picardie : à partir d'une enquête auprès de 212 médecins généralistes ; (4) Headache. 2016 Apr 19. doi: 10.1111/head.12820 ; (5) Neurologies 2002;5:468-72 ; (6) Thérapie 2004;59:533-9.
Pour en savoir plus : Recommandations de 2013 sous l’égide la Société Française d’Etude des Migraines et des Céphalées (La Revue du Praticien Médecine Générale, Tome 27, N° 899, avril 2013)
D’après un entretien avec le Pr Anne Ducros, neurologue à l'hôpital Gui de Chauliac (CHU Montpellier)
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