Miel, gelée royale, pollen, propolis : bons pour la santé ?

Publié par Paule Neyrat, Diététicienne le Lundi 26 Mai 2014 : 09h34
Mis à jour le Jeudi 19 Février 2015 : 17h49
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Les abeilles nous fournissent non seulement du miel mais aussi d’autres produits : gelée royale, pollen, propolis.

Tous ont la réputation d’être sains, naturels et bons pour notre santé. Certes, mais nous ne sommes pas des abeilles.

Qu’en est-il exactement ?  

Miel : produit sucrant magique

Le miel fut la première forme de sucre connue par les hommes quand ils ne savaient pas encore extraire ce dernier de la canne à sucre, encore moins de la betterave. Nos ancêtres de la préhistoire le récoltaient en enfumant les essaims d’abeilles - des peintures rupestres le prouvent -. Puis ils ont appris à les domestiquer et à confectionner des ruches. Les premiers apiculteurs ont exercé en Égypte 4500 ans avant notre ère.

Le miel a toujours été considéré comme un produit magique dont les Dieux se nourrissaient. Il garde encore de nos jours cette aura alors que le sucre est considéré comme néfaste.

Et pourtant, il contient en moyenne 80 % de sucres (saccharose, fructose et glucose). Le reste, c’est de l’eau (18 %) et des mini quantités de sels minéraux et de vitamines.

Le pouvoir sucrant du miel est supérieur à celui du sucre, c’est son principal atout nutritionnel.

Les sels minéraux et les vitamines s’y trouvent en bien trop petites quantités pour qu’on puisse leur accorder un quelconque intérêt au regard des quantités que l’on consomme.

Miel : choisir le bon

La France produit peu de miel, la majorité de ceux vendus, surtout dans les grandes surfaces, provient des pays de l’Est et de Chine, même s’ils sont frauduleusement étiquetés « Origine France » : ils ont été conditionnés mais pas produits en France et il s’agit souvent de différents miels qui ont été chauffés pour être mélangés et qui contiennent des pesticides. C’est le cas des miels « toutes fleurs » qui sont aussi les moins chers.

Un bon miel français coûte entre 20 et 30 € le kilo. Le prix varie selon le lieu d’achat : directement chez un apiculteur (ou sur son stand dans un marché) ou dans une boutique qui prend une marge. Il porte alors la mention « récolté et mis en pot par xxx » soit le nom de l’apiculteur et son adresse.

Miel « de lavande », « d’acacia », de « châtaigner », de « thym » ?

Le nom signifie que les ruches de l’apiculteur se trouvent sur un territoire bien fourni en fleurs de ces plantes : elles ont été le principal objet de butinage des abeilles. Leurs saveurs sont alors différentes.

Il y a aussi des miels régionaux (Alsace, Provence, etc.)

Ils sont garantis par une IGP (Indication géographique protégée). Celui de Corse et celui de Sapin des Vosges ont une AOP (Appellation d’origine protégée) de même que plusieurs miels de différents pays de l’Europe du sud. C’est une garantie de leur qualité.

La grande majorité de tous ces miels sont bios et ne contiennent pas, en principe, de pesticides.

Miel : alicament ?

  • Dans l’Antiquité, le miel était aussi un médicament et un produit de beauté. Ceci a perduré jusqu’à nos jours.
  • Il a une activité antibactérienne grâce à une protéine particulière, la défensine-1, récemment identifiée.

    Au Moyen-Âge, on soignait empiriquement les plaies en y appliquant du miel, cette méthode est toujours pratiquée avec succès dans certains hôpitaux. Une cuillerée de miel adoucit aussi les maux de gorge. De là à considérer le miel comme un antibiotique, il y a un pas que certains franchissent allègrement mais qu’aucune étude scientifique sérieuse n’a confirmé. Il en va de même pour d’hypothétiques propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes.

  • Mais, tout comme le sucre, le miel a un effet tranquillisant, que certains constatent en absorbant le vieux remède de grand-mère : un bol de lait tiède additionné d’une cuillerée de miel peut faciliter l’endormissement.

Gelée royale : prodigieuse ?

C’est une substance produite par les abeilles ouvrières d’une ruche et qui est destinée à nourrir les larves et la reine.

La gelée royale est composée de protéines, de glucides, de lipides (dont des acides gras essentiels), de sels minéraux, d’acétylcholine (un neurotransmetteur) et de substances antibiotiques.

Parmi les protéines, il y en a une, particulière à la gelée royale, qui intervient dans le développement des cellules des larves d’abeilles et de la reine. Celle-ci, qui en est nourrie pendant toute sa vie, est plus grosse et vit plus longtemps que les autres abeilles.

C’est probablement pour cela que la gelée royale a cette prodigieuse réputation : elle donnerait une énergie sans pareil qui favoriserait le crac-crac, empêcherait de vieillir trop vite, lutterait contre les troubles des règles et les effets de la ménopause. Réputation qui remonte à loin, à la Chine antique : les empereurs en consommaient pour son pouvoir de vigueur sexuelle et de longévité.

De plus, elle serait antigrippe, anticholestérol et anticancer…

La gelée royale est vendue en pots ou en ampoules de 10 g, fraîche mais elle existe aussi lyophilisée et en gélules. La cure revigorante est de 300 mg à 1 g par jour pendant 4 à 6 semaines, à absorber avant le petit-déjeuner.

Gelée royale : arnaque ?

La gelée royale est apparue sur le marché au milieu du 20e siècle, d’abord en Chine, puis en Europe, après que l’on ait mis au point des ruches spéciales, sans reine, pour la produire en quantité quasi industrielle.

S’il existe en France d’honnêtes apiculteurs producteurs de gelée royale, regroupés dans le Groupement des Producteurs de Gelée Royale, la majeure partie de ce miraculeux produit vient de Chine (qui en produit 11 000 tonnes annuelles !), sans contrôle, congelée et décongelée. Et évidemment moins cher : 10 € les 10 mg alors qu’elle coûte plus du double (22 €) quand elle est d’origine France !

Reste à savoir si la gelée royale est vraiment efficace.

Des chercheurs japonais semblent avoir montré ses bienfaits sur les femmes ménopausées. D’autres sur ceux du métabolisme lipidique.

Mais il n’existe pas d’études scientifiques qui valide son action sur la longévité, la fatigue et les performances sexuelles. En attendant qu’elles existent, on peut penser que l’effet placebo de la gelée royale existe, surtout au prix où elle est !

Publié par Paule Neyrat, Diététicienne le Lundi 26 Mai 2014 : 09h34
Mis à jour le Jeudi 19 Février 2015 : 17h49
Source : Cochrane Review 28 Feb 2013 DOI: 10.1002/14651858.CD005083.pub3 Honey as a topical treatment for wounds.
Satoshi, M. et al. 2005 « Royal jelly has estrogenic effects in vitro and in vivo » Journal of Ethnopharmacology 101, 215–220.
Royal jelly supplementation improves lipoprotein metabolism in humans. Guo H, Saiga A, et alJ Nutr Sci Vitaminol (Tokyo). 2007 Aug;53(4):345-8.
Bankova V. Recent trends and important developments in propolis research. Evid Based Complement Alternat Med. 2005 Mar;2(1):29-32.
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