Médicaments génériques : l'excès ?

Publié le Lundi 10 Janvier 2000 : 01h00
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Les médicaments génériques sont de plus en plus nombreux. Ce n'est pas toujours une bonne chose.

Le marché des médicaments génériques en France est en pleine explosion. Les pharmaciens ont à présent le droit de remplacer les médicaments prescrits par les médecins par d'autres médicaments dont la composition est identique (appelés médicaments génériques). Plus encore : ils ont l'obligation d'en vendre un certain pourcentage.

Du coup, la guerre commerciale entre industriels du médicament provoque la mise sur le marché de gammes nombreuses et étendues de produits... en principe identiques ! Grand ou petit, chaque laboratoire pharmaceutique s'efforce de développer une filiale consacrée aux médicaments génériques et de commercialiser le plus possible de spécialités pour occuper le terrain.

Quelques gammes de médicaments génériques en France à l'automne 1999

Firmes pharmaceutiques

(par ordre alphabétique)

Nombre de substances différentes Nombre de présentations
Bayer Classics (filiale de Bayer Pharma) 26 52
Biogalénique (filiale de Rhône-Poulenc-Rorer) 48 118
Biogaran (filiale de Servier) 30 53
GNR Pharma (filiale de BASF Pharma) 30 54
Merck Génériques (filiale de Merck Allemagne) 52 97
MSD Génériques (Filiale de Merck Sharp et Dohme) 12 25
Ratiopharm (filiale de Ratiopharm Allemagne) 27 59

A côté de ces laboratoires qui ne commercialisent que des copies (des médicaments génériques), les laboratoires classiques étoffent eux aussi leurs gammes. En définitive, le nombre de copies ou de médicaments générique augmente chaque mois. Les prix baissent surtout lors de la commercialisation des deux premières copies, après quoi les économies réalisées par les organisme d'assurance maladie sont beaucoup plus faibles.

Par contre, les risques de confusion pour les patients augmentent, et en particulier, les risques pour les patients illettrés (la plupart des enquêtes aboutissent à estimer qu'il existe environ 2 millions d'illettrés en France). D'autre part, les pharmaciens sont tenus de donner les médicaments parmi les moins chers. Et certaines caisses d'assurance maladie estiment même qu'ils doivent donner LE moins cher, en cas de prescription par le médecin sous le nom chimique du médicament. Il en résulte des contrôles parfois tatillons, et les pharmaciens en viennent parfois à consacrer plus de temps et d'énergie à économiser quelques centimes par boite de médicament qu'à donner de véritables conseils de santé à leurs clients.En définitive, il en est des médicaments génériques comme de beaucoup de bonnes choses : l'excès peut devenir nuisible.

Publié le Lundi 10 Janvier 2000 : 01h00
Source : "Copies & compléments de gamme - commentaires du mois" Prescrire 1999 ; 19 (201 - décembre) : 827-829.
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