Maladie X : quelle est cette future menace pour l’humanité ?

Publié par Audrey Vaugrente, journaliste santé le Mardi 13 Mars 2018 : 12h59

La prochaine menace pour l'humanité n'est peut-être pas encore apparue. Parmi les maladies qui pourraient provoquer une épidémie mondiale, l'OMS inclut la maladie X en bonne position.

© AFP

L'Organisation Mondiale de la Santé aurait-elle perdu la tête ? Sa liste des maladies susceptibles de provoque une épidémie mondiale a, en tout cas, de quoi laisser circonspect. Aux côtés du virus Marburg et d'Ebola figure une pathologie au nom mystérieux : la maladie X.

Derrière ce code se cache une maladie qui n'a pas encore été découverte par la communauté scientifique. L'agence sanitaire avance trois hypothèses qui pourraient mener à son apparition.

Le premier scénario est classique : une mutation biologique se produit sur un virus déjà connu – comme le VIH ou la grippe. Ce type de catastrophe s'est déjà produit, en 1918 par exemple. La grippe espagnole (H1N1) a alors fait 50 à 100 millions de morts dans le monde.

L'accident ou l'attaque ?

La deuxième piste, c'est celle de l'attaque bioterroriste. Le virus serait alors le fruit d'une fabrication malveillante, destinée à faire un maximum de victime. Là encore, rien de nouveau puisque ce type d'armes biochimiques est utilisé depuis le Moyen-Âge.

La troisième hypothèse est malheureusement d'actualité : celle de l'accident de manipulation. Un scénario qui s'est déjà produit récemment. En 2017, des chercheurs canadiens  sont ainsi parvenus à créer une souche proche de la variole à partir d'équipements accessibles en ligne.

Ce type de bévues n'est malheureusement pas rare. Les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont, par exemple, envoyé des échantillons d'anthrax  actif à plusieurs laboratoires.

Une chercheuse de l'Institut Pasteur a, quant à elle, ramené de Corée du Sud trois échantillons du virus MERS-CoV… dans son bagage à cabine ! Au vu de ces incidents, le spectre d'une épidémie accidentelle ne relève donc pas que de la fiction.

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On manque de réactivité

Autre source de risque majeure, les animaux. Car l'OMS s'inquiète aussi de notre capacité à faire face aux pandémies d'origine animale. Il faut dire que, dernièrement, les alertes ont été nombreuses : l'épidémie de Zika a été causée par le moustique-tigre, celle d'Ebola par des singes et le MERS-CoV est probablement venu des dromadaires.

"L'intensité des contacts entre animaux et humains s'accroît à mesure que le monde se développe. Il est donc plus que probable que de nouvelles maladies fassent leur apparition, et les méthodes de voyage actuelles rendent plus probable leur propagation", confie Marion Koopmans, conseillère à l'OMS au journal britannique The Telegraph.

Avec cet avertissement, l'agence sanitaire espère donc provoquer une prise de conscience de la part des systèmes sanitaires nationaux et internationaux. L'objectif : mettre en place un système de recherche et développement accéléré, en cas de pandémie, mais aussi améliorer les systèmes de surveillance et la capacité de réaction.

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