D'un mal peut sortir un bien...

Publié par Dr Catherine Solano le Mardi 20 Septembre 2005 : 02h00
-A +A
D'un mal peut sortir un bien. C'est un adage connu et reconnu. Par exemple, Joseph, divorcé et en dépression, s'abîme accidentellement le tendon d'Achille. Et… la jolie kinésithérapeute qui le suit pour sa rééducation deviendra sa femme. Une situation négative peut se renverser. Aussi est-il toujours bon de garder espoir !

Pourtant, il ne s'agit là que d'une philosophie de la passivité qui aurait tendance à nous faire penser « supportons nos difficultés et attendons, il en ressortira peut-être aussi du positif ».Si attendre en espérant est nettement supérieur à ne plus rien attendre de la vie, la philosophie vraiment idéale serait nettement plus positive. Elle ressemblerait plutôt à ceci : d'un mal, je dois sortir un bien, soit, je ne veux pas être un jouet ballotté par son destin qui attend qu'il lui arrive du bon. Je préfère agir de manière à tout utiliser comme tremplin, y compris les épreuves pour en faire des atouts.L'exemple d'Alexandre Jollien est parlant : il a manqué d'oxygène à sa naissance, et il est donc infirme moteur cérébral, ne pouvant se mouvoir que d'une manière saccadée. Il a pourtant, après des études de philosophie, écrit deux livres « Éloge de la faiblesse » et « Le métier d'homme ». Il a transformé son handicap en richesse, de manière à en extraire du concentré de pensée humainement essentielle.Nombreux sont les exemples autour de nous.Certaines personnes se laissent écraser par des difficultés, quand d'autres réussissent à faire mieux que relever la tête, transformer leur souffrance en richesse. Pour y arriver, la volonté est essentielle. Et elle commence par les toutes petites choses, comme pour Béatrice : « Je suis élève infirmière. J'ai dû être opérée d'une fracture de la jambe droite, et j'ai beaucoup souffert. Mais cette expérience a été pour moi très utile : j'ai vu l'autre côté de la barrière. Quand je m'occupe maintenant de mes malades à l'hôpital, je suis beaucoup plus proche d'eux, je comprends bien mieux leur sensibilité. Grâce à cette opération, je pense que je vais devenir une infirmière nettement plus humaine ! »Nadia, elle, a longtemps été jalouse de ceux qui possèdent une grande maison avec un jardin. Elle vit dans un minuscule appartement avec terrasse. « Et puis un jour, j'ai enfin compris que l'envie était destructrice. Depuis, ma terrasse est un vrai bijou. J'y ai installé de jolis pots en terre et j'ai la main verte, on dirait une vraie jungle en miniature. Jardiner me donne un immense plaisir, qui est exactement l'inverse de l'envie que je ressentais auparavant quand je louchais sur les beaux jardins des autres en me lamentant sur mon triste sort ! Et de toute manière, je sais que ça ne m'empêchera pas, un jour, de vivre dans la maison de mes rêves ! »Au final, il s'agit simplement d'accepter ce qui est et que l'on ne peut changer tout en cherchant comment en extraire le positif. Cet état d'esprit est à cultiver pour soi-même, et peut-être à enseigner à ses enfants et son entourage !

Publié par Dr Catherine Solano le Mardi 20 Septembre 2005 : 02h00
Source : " Le Métier d'homme ", Alexandre Jollien, éditions du Seuil ; " Éloge de la faiblesse ", Alexandre Jollien, éditions du Cerf.
A lire aussi
Plus d'articles