Mais pourquoi il veut croire au Père Noël ?

Publié par Psychoenfant le Dimanche 13 Décembre 2009 : 01h00
Mis à jour le Vendredi 16 Décembre 2011 : 10h30
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Décembre est là et les enfants n'ont déjà plus que son nom à la bouche... Mais pourquoi la magie du Père Noël opère-t-elle, à ce point, et depuis tant d'années, sur nos enfants ? Réponse avec nos psys. Sophie Raffin

Besoin d'imaginaire

Riche et fertile, l'imaginaire prend beaucoup de place dans la vie de nos enfants. Une place bien compréhensible puisqu'entre 2 et 6 ans, nos bambins vivent dans un univers de plaisir (régi par ce que Freud nommait le principe de plaisir), à mille lieux de notre société cartésienne d'adultes, empreinte de réalité, de restrictions et de frustrations. À travers leur univers où cohabitent Père Noël, lutins et fées, nos enfants cherchent donc à se fabriquer un monde plus doux, plus accessible, plus rassurant. " Le Père Noël symbolise pour eux la bonté, la toute-puissance et la satisfaction des désirs, analyse la pédiatre Edwige Antier.

Il est celui qui donne sans compter... il représente une métaphore du don gratuit. "

Agir

" Cette métaphore, nos enfants en ont donc besoin pour bien grandir ", explique Agnès Florin, professeur de psychologie. " Jusqu'à l'âge de 6 ou 7 ans, continue Edwige Antier, il ne sert à rien de leur révéler la vérité. La magie de Noël opère sur eux de façon sécurisante. " De toute manière, ajoute Agnès Florin : " leur besoin d'imaginaire est tel qu'ils persistent bien souvent à vouloir y croire même si leurs parents leur affirment le contraire ".

Maturation cérébrale

Quoi qu'il en soit, que la vérité soit révélée ou non, avant 6 ans l'enfant ne sait pas penser de façon logique et terre-à-terre. Dépendant de ce que Piaget nommait le stade préopératoire, sa pensée est dominée par ses perceptions, souvent très loin du monde réel.

" L'organisation du cerveau se met encore en place. Vers 3 ans, la formation intense de synapses augmente dans le centre de la parole et le lobe frontal, confirme le pédiatre Hugo Lagercrantz. L'enfant commence alors à raconter et à se raconter des histoires, mais il a du mal à différencier l'imaginaire du réel. "

Agir

Cet apprentissage de la différence entre la réalité et l'imaginaire peut naturellement commencer après 6 ans. Selon le pédiatre Henry Aloussaque : " dès l'entrée au CP, alors qu'il évolue dans un cadre plus exigeant et qu'il apprend à maîtriser les notions de temps, d'espace, de logique, de contrainte, l'enfant développe une autre forme d'imaginaire, plus consciente, plus volontaire, qui va peu à peu le sortir de sa réalité ". C'est à ce moment que ses parents peuvent lui avancer la vérité. " Souvent, à cet âge, les enfants sont contents de rentrer dans les confidences des adultes, termine l'expert. C'est une façon pour eux de se sentir responsable. "

Publié par Psychoenfant le Dimanche 13 Décembre 2009 : 01h00
Mis à jour le Vendredi 16 Décembre 2011 : 10h30
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