angegardien
Portrait de cgelitti

Ma mère (Jeanne) non voyante pendant 30 ans atteinte de polyarthrite rhumatamoïde a du finir ses jours jours avec un cancer du pancréas et a souffert jusqu'à son dernier jour. Le calvaire a duré des mois. Quand elle est rentrée en soins palliatifs, j'entendais ma mère me dire tous les jours, ils me laissent mourir à petit feu pourtant ils savent bien que je suis condamnée à mourir. Je ne comprenais pas pourquoi on pouvait souffrir même en soins palliatifs donc je pris rendez vous avec son docteur celui-ci me répondit qu'il avait une certaine dose de morphine à administrer et pour ceux pour qui la dose était insuffisante, il ne pouvait pas les soulager plus sinon c'était classé en euthanasie. Comme j'avais pris un RDV au centre anti-douleurs de ma région elle y fut conduite en ambulance. Ma mère disait au docteur " si je pouvais voir où il y a une fenêtre, je m'y jetterai". Il lui dit, on va vous soulager, ne vous faîtes pas de souci, on va demander que vous soyiez mise sous pompe à morphine. Quelques minutes aprés le médecin revient en disant que dans les soins palliatifs où ma mère avait été mise, il n' y avait pas de pompe à morphine et qu'il avait même proposé d'en envoyer une mais on lui a répondu que personne ne savait s'en servir. Tous les jours qui suivirent, j'allais voir ma mère qui était soit dans son lit ou mise dans son fauteuil à attendre la mort.Ses douleurs étaient un peu plus vite soulagées mais comme elles revenaient sans arrêt. Elle m'accueillait toujours avec les mêmes mots, si j'étais un chien, on prendrait pitié de moi, je suis là à attendre que ces maudites souffrances reviennent pour demander encore et encore une piqûre que je ne supporte plus et attendre que la mort qui ne vient pas, m'emmène mais on dirait qu'elle ne veut pas de moi. Je ne trouvais plus les mots pour soutenir ma mère sur cette fin vie si longue, j'avais pourtant écrit au Président Chirac pour lui demander de faire une exception celui ci me répondit que dans notre pays l'euthanasie n'était pas acceptée. J'ai eu souvent l'envie de me suicider avec ma mère heureusement que sur sa fin de vie, j'ai eu des gens bénévoles qui sont venus me soutenir ma mère et moi. Ma mère est morte le 30 septembre 2006 sous mes yeux en étouffant, je me suis jamais remise de sa mort et j'en veux à la société entière de ne pas l'avoir autorisé à partir dignement comme elle le voulait. Ma mère étant non voyante m'a confié "tu sais la souffrance est très dur à supporter dans le noir et personne ne peut l' imaginer car je ne peux poser les yeux sur rien". J'espère une seule chose, c'est que le nouveau Président Hollande qui a promis qu'il donnerait le droit de mourir dans la dignité (l 'euthanasie) pour les cas très graves, tienne sa promesse pour tous ceux qui ne peuvent plus vivre dans les souffrances car les minutes pour eux sont des jours.

La mort d'un proche est très difficile à accepter mais quand on a vu sa mère mourir à petit feu dans des souffrances physiques et morales atroces on ne peut accepter ce manque d'humanité et j'aurai toujours une plaie dans mon coeur qui ne pourra jamais s'atténuer. Chacun devrait avoir le droit de choisir l'heure de sa mort d'ailleurs 96 % des Français sont pour mais c'est une minorité qui s'y opposent mais au nom de quoi ? Si eux décident de partir dans la souffrance cela n'engagent qu'eux et nous repectons leur choix alors qu'ils aient la délicatesse de respecter le choix des autres.

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