marie
Portrait de cgelitti
Je viens d'avoir 34 ans et pour mon anniversaire ma mère m'a avouée ne pas m'aimer. Ne pas m'aimer comme une mère, elle ne se sent ni mère ni grand-mère (j'ai 2 enfants). De l'apprendre c'est dur ! En fait ma mère m'a eue à 17 ans d'une relation très brève avec un algérien, ce qui à l'époque était très mal vu. Suite à cela ses parents l'ont envoyée dans un foyer à Paris (elle habitait en Champagne). Puis elle a rencontré mon père (adoptif) qui m'a reconnu peu de temps avant leur mariage. Tout cela je ne l'ai su qu'à 24 ans, c'est-à-dire à la naissance de mon fils. C'est vrai que ma mère n'est pas du tout maternelle, bisous, calins..., je ne connais pas, mais de là à imaginer qu'elle ne m'a jamais aimée... A 12 ans mes parents divorcent pour mon plus grand bonheur, mon père était très très sévère et très stricte, vive l'armée ! Ma mère a rencontré un homme pas du tout dans le besoin. Depuis ce jour mon frère et moi mangions tout seuls dans la cuisine pendant qu'eux savouraient des bons petits plats (chinois et autres). Le week-end ça leur arrivait de partir alors ils nous enfermaient dans leur superbe appartement duplex t6. Ouf aucun accident n'a eu lieu.

Mon beau-père ne m'a jamais acceptée et pourtant je n'étais pas une ado difficile, pas d'insultes, pas de fugue, pas de violence. Mon frère passait mieux car c'est un garçon. J'explique : ma grand-mère a eu 3 filles et ses filles ont toutes fait des filles sauf ma mère qui a pondu un fils ! Oh joie ! Enfin voilà pourquoi mon frère a échappé au manque d'attention de ma mère et mon beau-père. Puis ceux-ci ont décidé d'habiter dans un patelin perdu eu Eure et Loire, ma mère est allée à la rencontre des parents de mon amoureux de l'époque afin de leur demander si ils pouvaient m'héberger. Ils ont accepté (avaient-ils d'autres choix ?). Malheureusement je n'étais pas très stable à l'époque (ça vous étonne ?) alors je suis partie plusieurs fois (rompu) et là je dormais à droite et à gauche chez des copains. Ayant réussi mon BEP haut la main, ma mère m'a inscrite à l'internat pour reprendre un cycle scolaire normal. Mais le week-end les élèves rentrent chez eux, mais pas de place pour moi dans leur magnifique maison (avec piscine à l'intérieur, yakusi..., alors je dormais dans les gares à Paris, sur les marches du métro...puis je revenais les lundis en cours. Vous comprendrez que psychologiquement ça n'allait pas fort. Les premières vacances arrivant j'ai fait une TS (tentative de suicide), et me voilà une semaine à l'hôpital. Ma mère n'est venue me voir une heure que parce qu'ils allaient à Troyes pour acheter des vêtements de marque. Plus tard, j'ai vécu avec le père de monfils, un homme très violent, menteur, trompeur... j'ai appelé en un an et demi au moins une cinquantaine de fois ma mère pour qu'elle me retire de cet enfer et tout ce qu'elle trouvait à répondre (alors que j'appelais au secours) c'est de trouver un foyer ! N'oubliez pas le cadre dans lequel ils vivent ! Mon oncle, alors que j'étais enceinte, m'a reccueilli chez lui, ouf, merci tonton.

Puis j'ai eu ma fille, ils ont bien voulu faire le déplacement mais parce qu'ils allait encore sur Troyes. Donc ils sont restés à peu près une heure.

Bien sûr quelques coups de fil intervenaient dans cette distance.

Aujourd'hui ils vivent toujours dans le luxe matériel, et moi, seule avec deux enfants et un salaire misérable mais jamais aucune aide. "Tu te débrouilles toute seule ma fille". Je sais que la vie n'a pas été toujours facile pour elle mais pense-t-elle à moi ? Maintenant que je sais, ou plutôt qu'elle m'a dit qu'elle ne m'aimait pas (elle l'a dit !)je comprends mieux ses distances. Elle m'a dit qu'elle souffrait de ne pas avoir cet amour pour moi mais que rien ne changerait, et que je devais me mettre à sa place ! Et moi, se met-elle à la mienne ? 34 ans de soufrance, d'incompréhension, je sais maintenant que je dois vivre avec ou plutôt sans elle, sans espoir d'être aimée par elle.

Pourtant moi non plus elle ne m'a jamais donné d'amour, et j'ai deux enfants qui sont pour moi come la prunelle de mes yeux. Je les aime plus que tout au monde et rien ni personne ne pourra détruire cet amour. Donc pas de mère, un père qui vient de partir au ciel, ils me restent mes grands-parents paternels qui ne sont plus très jeunes..

C'est dur mais je n'ai pas le choix.

A bientôt

valesi

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