Leucémie : la greffe

Leucémie : la greffe

L'allogreffe de moelle osseuse, ou de cellules souches périphériques (dans certaines indications), est fréquemment nécessaire en cours de traitements des différentes leucémies. C'est actuellement une technique de premier plan.

Leucémie : la greffe

La greffe allogénique de cellules souches hématopoïétiques correspond au transfert ou à la transplantation de cellules du système hématopoïétique d'un individu à un autre. Il s'agit d'une technique qui a été utilisée pendant plus de 30 ans dans le traitement de patient souffrant de maladie du sang maligne grave et essentiellement de leucémie aiguë. Les avancées actuelles permettent de proposer ce genre de traitement à d'autres types de cancers. Le principe thérapeutique de cette technique est basée sur le transfert des cellules du système immunitaire qui se trouvent dans la moelle osseuse du donneur au patient. Le but de cette greffe est de permettre à un système immunitaire "neuf" de s'établir chez le patient, de cibler les cellules de la maladie et de les éliminer : il s'agit d'une immunothérapie. Plutôt que de parler de greffe de moelle osseuse, qui est un terme technique, il vaudrait mieux parler de greffe de système immunitaire. Les cellules sont prélevées chez le donneur, soit au niveau de la moelle osseuse (prélèvement de moelle osseuse) ou au niveau du sang (cytaphérèses). Une autre possibilité est d'utiliser des cellules provenant d'un sang de cordon qui a été prélevé lors d'une naissance et congelé dans une banque de sang de cordons autorisée. Ces cellules sont ensuite transfusées au patient à travers un cathéter et vont en quelques jours recoloniser et remplacer la moelle osseuse initiale du patient. En quelques semaines, le système immunitaire remplacera le système immunitaire originel du patient. Pour le patient, l'allogreffe nécessite, avant d'injecter la moelle du donneur, une irradiation corporelle totale asso­ciée à une chimiothérapie forte, afin de tuer toutes les cellules, bonnes ou mauvaises, de la moelle osseuse du patient : on parle de conditionnement myélo-ablatif. Cette étape indispensa­ble a un effet secondaire important puisqu'elle rend le patient stérile, ce qui implique que l'on propose aux patients (s'ils sont jeunes et souhaitent ensuite avoir des enfants) d'effectuer des prélèvements de gamètes sexuelles qui pourront être conservés. Chez les jeunes femmes, il peut être proposé un prélèvement d'ovocytes pour cryo­conservation. Certaines tentatives de prélèvement de tissus ovariens avant le traitement, de congélation puis de réimplantation après la maladie ont été réalisées. Même s'ils sont encore peu nombreux, les résultats des auto­greffes d'ovaires sont encourageants. Une journée avant la greffe, le traite­ment immunosuppresseur est mis en place (cyclosporine). La greffe est réalisée par transfusion, et le patient reste en aplasie pendant trois à quatre semaines encore, le temps que le greffon (la moelle qui lui a été trans­fusée) recommence à produire des cellules sanguines. Les complications possibles de l'allogreffe de moelle osseuse sont les risques infectieux inhérents à l'état d'aplasie et au traite­ment immunosuppresseur (et qui nécessitent encore de passer quelques semaines en chambre stérile), ainsi que le risque de maladie du greffon contre l'hôte (les cellules greffées réagissent contre le receveur), dont les complications sont parfois graves. Seule une personne compatible, qui peut être parfois un membre de la fratrie (il est nécessaire d'avoir le même père et même mère) ou une personne répertoriée sur le fichier des greffes, peut être donneur. Donner sa moelle osseuse implique une hospitalisation courte. La moelle est prélevée sous anesthésie générale, dans les os du bassin, par aspiration, et nécessite souvent une transfusion sanguine (par autotransfusion effec­tuée auparavant). Le donneur peut sortir le lendemain. La greffe de cellules souches périphériques collectées à partir du sang exige une stimulation de la fabri­cation des cellules qui produisent les globules du sang, grâce à des piqûres sous-cutanées de facteurs de crois­sance hématopoïétiques pendant 5 jours consécutifs. Les cellules sont ensuite prélevées lors d'une ou deux séances de cytaphérèse (prélèvement en circuit fermé des cellules du sang) de trois heures environ. Le donneur peut avoir un peu de fièvre et ressen­tir quelques douleurs osseuses (liées au fait que la moelle "travaille").

En savoir plus sur les leucémies de l'adulte

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Article publié par le 10/09/2005 - 01:00
Mis à jour par ARC - Association pour la Recherche contre le Cancer le 28/01/2011 - 13:39

Sources : Association pour la Recherche sur le Cancer

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