Lait et produits laitiers chez les enfants: plus de peur que de mal !

Publié par Nicolas Rousseau, diététicien nutritionniste le Lundi 29 Décembre 2008 : 01h00
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Alors que la paranoïa autour du lait de vache semble gagner du terrain en Europe, notamment avec les courants antilait fort actifs sur le web, le Comité de nutrition de la Société Francaise de Pédiatrie (CNSFP) est le premier à se prononcer scientifiquement et publiquement sur le sujet. Ses propos se veulent avant tout rassurants, sans pour autant faire l'apologie des laitages.

Dans un contexte de peurs alimentaires, volontiers entretenues par certains personnages médiatiques, les médecins sont de plus en plus souvent confrontés à des parents qui remplacent le lait de leurs nourrissons ou enfants en bas âge (préparations pour nourrissons et de suite, laits de croissance, produits laitiers frais) par des jus (et non des laits, qu'ils ne sont pas) de châtaigne, d'amandes, de riz ou de soja (tonyu).

Avec les risques que cela comporte, le CNSFP souhaitait donc rappeler que l'alimentation lactée est essentielle pour le nourrisson et l'enfant de moins de 3 ans.

Quel lait ?

De la naissance à au moins 6 mois, le lait maternel ou des préparations adaptées (pour nourrissons) constituent l'alimentation de base (et même exclusive jusque minimum 4 mois révolus).

Plus tard, les préparations de suite et les laits de croissance prennent le relais jusque 3 ans. La composition du lait de vache non modifié ne convient pas aux besoins nutritionnels de cet âge.

En effet, cet apport permet notamment d'assurer l'apport calcique, primordial à cet âge, mais il doit être complété de fer, d'acides gras essentiels, de vitamine D et d'autres précieux micronutriments pour la croissance, que l'on ne retrouve pas en quantités appropriées dans le lait de vache non modifié, par ailleurs trop riche en protéines et moins digeste.

Les bénéfices

Concernant les bénéfices pour la santé des produits laitiers pour les enfants et adolescents, controversés à l'heure actuelle dans certains médias, le CNSFP rappelle les éléments suivants, à la lumière des données scientifiques les plus récentes:

Santé osseuse: chez l'enfant et l'adolescent, l'exclusion des laits et laitages ne met plus en jeu le pronostic vital, mais la santé osseuse à court terme avec un risque de fractures. A long terme, l'atteinte d'un pic de masse minérale osseuse le plus plus élevé possible chez l'adulte jeune reste un objectif important pour limiter le risque d'ostéoporose.

Surpoids / Obésité: la consommation adaptée de lait et produits laitiers est associée à une réduction du risque de surcharge pondérale,

Allergies: la consommation de lait est susceptible de déclencher des troubles dans 2 situations spécifiques. L'allergie aux protéines du lait de vache (APLV, qui affecte 1 à 2% des nourrissons), et l'intolérance au lactose, par déficit en lactase intestinale.

Diabète de type 1: l'introduction précoce des protéines du lait de vache pourrait favoriser son apparition à long terme. Néanmoins, cette hypothèse reste l'objet de discussions qui devraient être tranchées par les résultats d'une grande étude internationale 2012.

Autisme: aucune étude comportant un effectif suffisant et une méthodologie rigoureuse ne permet d'imputer au lait de vache une responsabilité dans l'apparition ou l'aggravation de l'autisme.

Publié par Nicolas Rousseau, diététicien nutritionniste le Lundi 29 Décembre 2008 : 01h00
Source : Archives de Pédiatrie, Volume 15, Issue 11, November 2008.
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