Je veux être aimé, faire plaisir, et je m'oublie...

Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 25 Août 2008 : 02h00
Mis à jour le Jeudi 01 Octobre 2015 : 15h42
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Ce type de fonctionnement psychologique où l'on fait toujours passer l'autre avant soi est très répandu. Les psychologues le qualifient parfois d'assujettissement. Certaines victimes en sont parfaitement conscientes et d'autres beaucoup moins. Quand vous faites passer les besoins des autres avant les vôtres, vous vous mettez en danger psychique. Parce que vos besoins restent en arrière-plan, ne sont jamais satisfaits et que cela vous empêche d'être heureux…

L'assujettissement empêche d'être heureux

Lucie est souriante, agréable, appréciée des autres. C'est le genre de personne toujours disponible et prête à vous rendre service, parfois avant même que vous l'ayez sollicitée.

Elle est d'ailleurs étudiante en psychologie car elle s'intéresse énormément à ce que pensent, ce que ressentent les autres.

Elle est donc ouverte aux échanges et empathique et deviendra certainement une excellente psychologue.

Mais Lucie vit en couple avec Gérard, et, alors qu'elle imaginait devenir psychologue clinicienne, pour consulter et aider les personnes en difficulté, son ami l'a incitée à s'inscrire pour devenir plutôt psychologue du travail. " Il y a plus de débouchés, c'est mieux payé " lui a-t-il expliqué.

Lucie pourtant pas très enthousiaste a suivi son avis, non parce qu'il l'a convaincue, mais parce que, dans le fond, elle a peur de lui déplaire. " Après tout, quand on est en couple, les décisions se prennent à deux non ? " estime Lucie pour se convaincre d'avoir fait le bon choix. Lucie aurait préféré faire des études de médecine pour devenir psychiatre, mais ses parents l'ont découragée " Pour une femme, c'est trop long, trop difficile. " Et Lucie n'a pas osé les contredire. Dans un autre domaine, Lucie aime les vêtements un peu extravagants, les couleurs vives.

Mais Gérard la freine, lui expliquant qu'il la trouve ridicule et voyante, alors, elle a fini par s'habiller dans des couleurs noires, grises ou chocolat pour ne pas s'attirer de remarques désobligeantes. Elle agit ainsi, mais souvent, elle se sent en colère intérieure contre lui.

Lucie se laisse assujettir. La réalité, c'est que son compagnon donne son avis, ses parents aussi, mais ils pourraient parfaitement accepter que Lucie réponde " Tu penses ainsi, mais moi, je pense autrement. Les études de médecine, cela me convient très bien, les couleurs vives, ca me met de bonne humeur " et son entourage la laisserait facilement vivre sa vie comme elle l'entend.

La peur de ne pas être aimé(e)...

Le type de fonctionnement qui guide Lucie vient dans le fond d'une peur de ne pas être aimée, acceptée. C'est ce que ressentent souvent les personnes qui vivent sur ce schéma de pensée.

Elles ont le sentiment que si elles contredisent quelqu'un, si elles ne sont pas gentilles, on ne les aimera plus, elles seront délaissées.

Le moteur de ce fonctionnement peut aussi être le fait de vouloir empêcher les autres de souffrir. Elles croient que si elles agissent mal envers les autres, elles entraîneront des souffrances dont elles se sentiront responsables. Alors, ces personnes ressentent des obligations envers les autres, obligations qu'elles se fixent elles-mêmes.

Parfois, on peut avoir conscience de fonctionner ainsi, se dire " mais pourquoi j'écoute toujours les autres ? Pourquoi je me sens obligé(e) d'être exagérément serviable ? Pourquoi je m'oublie alors que je suis toujours là pour les autres ? Pourquoi je n'arrive pas à m'affirmer ? "

Mais assez souvent, ce genre de personne n'a pas conscience d'être assujettie aux autres. Elle est tellement habituée à fonctionner avec une sorte de morale altruiste qui lui dit " Les autres comptent beaucoup, plus que toi. Il faut toujours penser aux autres avant de penser à toi " que cela devient une deuxième nature.

Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 25 Août 2008 : 02h00
Mis à jour le Jeudi 01 Octobre 2015 : 15h42
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