cgelitti
Portrait de cgelitti
Je croyais travailler dans une équipe de femmes sympa. Au début, du moins, c'est ce que j'ai cru. D'ailleurs, je déjeunais avec une partie de cette équipe. Un jour on a commencé à me dire de me "démerder" pour le repas parce que ces gens avaient décidé, ce jour-là, de faire autre chose (manger dehors, faire du shopping...) A chaque fois qu'il se passait quelque chose d'inhabituel, c'est à peine si on ne me demandait pas de "déguerpir".

Un jour, j'ai été tellement malade que j'ai dû quitter le boulot. Le lendemain, quand je suis revenue, personne, mais personne ne m'a demandée si j'allais mieux. Je ne m'attendais pas au tapis rouge mais quand même...!

Un autre problème était le manque de tolérance de ce groupe. Moi j'aime beaucoup les Etats-Unis. Je ne demande pas qu'on partage mes goûts mais qu'on les respecte. Mes collègues se donnaient la liberté de critiquer les USA, je le tolérais car je considère que chacun a le droit de penser ce qu'il veut. Par contre, quand moi je disais que j'aimais ce pays, je me faisais envoyer balader ! J'étais une idiote, j'étais nulle. Comment peut-on aimer un pays si c... S'il n'y a même plus de liberté d'expression, de tolérance au travail (alors qu'on passe au moins 8 heures ensemble!) où va-t-on?

Un jour j'ai dit à la responsable de l'équipe que j'en avais tellement marre que si rien ne changeait, je m'en irais pour travailler dans une autre équipe. Je ne supportais plus cette ambiance malsaine où tout le monde dit du mal de tout le monde par-derrière et faisait de grands sourires par-devant. Et bien elle m'a répondu "avant que tu t'en ailles, ça m'arrangerait que tu finisses au moins ta semaine!" Ca lui était complètement égal que je m'en aille! Elle n'a même pas tenté de me retenir, rien ! C'est là que j'ai commencé à réaliser à quel point je comptais si peu.

Je me suis vite rendu compte que je ne faisais pas partie intégrante du groupe et que ça ne viendrait jamais (ça fait déjà plusieurs années que je suis là).

J'ai tout essayé pour m'intéresser à la vie de ces personnes. Je leur ai posé des questions sur leur vie, leurs passions. Je n'ai rien eu en échange. Jamais on ne me demandait si ça allait, ce que je faisais de mon temps libre. Rien. Ma vie ne les intéressait pas. Et quand j'avais le malheur de parler de moi, quand j'essayais d'entrer dans la conversation, j'avais un "oui" ou "non" et ça s'arrêtait là. Il m'arrivait de ne rien dire et le pire c'est qu'elles ne se rendaient même pas compte que je ne parlais pas...!

Elles, elles se connaissaient depuis des dizaines d'années et ne m'ont jamais laissée entrer dans leur univers, jalousement clos.

Je suis partie. J'ai fait appel à la hiérarchie pour qu'on me change de service. Je finissais par perdre toute motivation alors que j'aime mon travail. J'ai donc quitté l'équipe et je me retrouve maintenant avec des hommes. Je regrette de ne pas l'avoir fait plus tôt. C'est une toute autre mentalité et je me sens plus légère. Il y a une gentillesse, des attentions que je ne connaissais pas jusqu'alors.

Je finissais par croire que j'étais trop exigeante, mais en fait, l'amabilité, la prévenance, la convivialité, la communication existent encore.

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