Jalousie en couple : quelles en sont les causes ?

Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 31 Juillet 2006 : 02h00
Mis à jour le Lundi 10 Novembre 2014 : 12h50
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La jalousie fait horriblement souffrir. Alors, pourquoi continue-t-elle à exister ? Pourquoi ne s'en débarrasse-t-on pas simplement et volontairement ? C'est qu'elle a souvent des racines profondes difficiles à extirper !

Ces racines sont de différentes sortes, et plus elles sont nombreuses, plus la jalousie prend de l'ampleur

  • On peut être jaloux parce qu'on se mésestime.

    Si je suis un homme et que j'ai une très piètre estime de moi, je pense que ma partenaire, si jamais elle regarde un autre homme, le trouvera forcément mieux que moi. Elle s'apercevra que je ne vaux rien.

    Alors, fatalement, je me sens en danger constant.

    Cette position douloureuse vient souvent d'un manque d'amour dans l'enfance, d'une faille à ce niveau.

    Je pense que je ne mérite pas d'être aimé, et que si c'est le cas, c'est le fruit d'une erreur et que ça ne pourra pas durer ! (idem pour une femme).

  • Je peux être jaloux parce que, moi-même, j'ai envie d'avoir des relations sexuelles en dehors de mon couple.

    Ou, s'il ne s'agit pas d'une envie consciente, j'en ai une très forte pulsion.

    Je désire d'autres femmes (ou d'autres hommes) et j'imagine que l'autre ressent les mêmes pulsions.

    C'est le plus souvent faux, car nous ne sommes pas faits sur le même modèle !

  • Je peux aussi être jaloux parce que j'idéalise l'autre.

    Il est si merveilleux, si extraordinaire que s'il est regardé, il ne peut qu'être violemment désiré.

    Je transpose aux autres les émotions que je ressens.

    J'imagine que mon ressenti est universel.

    Si cette femme me fait fondre, m'attire profondément, j'imagine qu'il en est de même pour tous les hommes qu'elle croise.

  • Je peux encore être jaloux parce que, ma jalousie, je l'aime, je la cultive.

    Elle me fait souffrir, mais je me sens alors très vivant, parce qu'elle prouve la force de mon désir.

    Je ressens des émotions fortes, et j'aime ça.

  • Je peux aussi désirer posséder l'autre.

    Dans la jalousie existe souvent cette dimension qui sort de l'amour pour devenir possessivité.

    Je n'aime pas vraiment l'autre (l'amour est généreux et souhaite le bonheur de l'autre), mais je le veux pour moi, pour mon bien-être uniquement. Je veux en être totalement propriétaire comme d'une chose.

    Je ne conçois pas l'amour comme une liberté, mais un amour prison. L'autre devrait m'appartenir totalement.

    Alors, je suis jaloux dès qu'il montre un minuscule désir de liberté. Je peux donc être jaloux aussi bien de partenaires éventuels que des sorties, des activités, des enfants...

  • Et je peux être jaloux parce que j'ai très peur.

    Peur de la solitude. Si l'autre partait, j'en mourrais. C'est du moins mon impression.

    Alors, cette angoisse de l'abandon est à l'origine d'une jalousie féroce.

Au total, la jalousie n'est pas tellement, quand elle est pathologique, un problème de couple !

Elle est plutôt liée à une problématique personnelle.

Je suis jaloux / jalouse parce que je n'ai pas assez de force en moi pour laisser sa liberté à l'autre, pour lui faire confiance, pour me faire confiance, pour savoir que j'ai la force de vivre seul.

C'est un problème personnel et c'est pourquoi, quand cette jalousie dépasse les limites de ce qui est supportable, une psychothérapie s'impose, pour réussir à vivre heureux à deux !

Cela dit, il existe une jalousie naturelle, non pathologique, déclenchée, elle, par des faits réels et non fantasmés. Si l'autre a des aventures, je peux en souffrir sans pouvoir être taxé de jaloux pathologique.

Notons que la jalousie peut être autant masculine que féminine. Aucun sexe n'en a le monopole !

Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 31 Juillet 2006 : 02h00
Mis à jour le Lundi 10 Novembre 2014 : 12h50
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