Intempéries climatiques : croissance notable des consultations en psychiatrie !

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 14 Mai 2001 : 02h00
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Une augmentation notable des consultations en psychiatrie a été enregistrée ces dernières semaines. On estime à 2-3% la hausse du nombre de patients atteints de symptôme dépressif en relation avec un déficit du nombre d'heures d'ensoleillement. En fait, les Français souffrent du mauvais temps et d'un hiver qui s'éternise.

Face aux intempéries climatiques qui atteignent cette année des proportions hors du commun, les médecins ont recueilli une quantité incroyable de complaintes à propos du temps qu'il fait : les patients sont bougons, moroses, tristes, mal dans leur peau, fatigués, sans vitalité, avec un ral-le-bol général. En d'autres termes, la plupart expriment un malaise appelé psycho-émotionnel diffus.Bien connu dans la pratique généraliste, il s'agit du « syndrome du printemps ». En effet, la sortie de l'hiver est une période de l'année classiquement difficile. En attendant les premiers beaux jours, le mauvais temps retentit facilement sur le moral et ce dernier se répercute fortement sur toutes les pathologies. Par exemple, la même douleur est mieux gérée par grand beau temps que lors d'une journée pluvieuse, surtout si elle se répète inlassablement ...

Une hausse notable des consultations

Effectivement, en relation avec l'hiver qui s'éternise particulièrement cette année, l'Asssitance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) a constaté une augmentation notable du nombre des consultations en psychiatrie, estimée à 2-3%. S'ajoute à cette tendance la recrudescence des appels de patients déjà suivis demandant une réduction du délai entre deux rendez-vous. Le médecin ressent clairement la nécessité de passer plus de temps à écouter et à rassurer son patient.

La dépression saisonnière se prolonge

Il s'agit d'une prolongation dans le temps des dépressions saisonnières, qui normalement s'améliorent spontanément dès le début du printemps. Ce phénomène est une réalité neurophysiologique, aujourd'hui bien établit. Notamment, on sait que certains médiateurs chimiques du cerveau varient en fonction de la durée de la luminosité, comme c'est le cas de la mélatonine, une hormone impliquée notamment dans le rythme veille/sommeil. D'ailleurs, les centres qui pratiquent la luxthérapie sont saturés (les patients souffrant de dépression saisonnière sont traités par une exposition à la lumière).

Mais restons optimistes, la majorité de ces symptômes sont relativement bénins et une semaine de beau temps devrait suffire à traiter la plupart des patients. Mais surtout, ne vous laissez pas influencer par les médias qui amplifient le phénomène en nous ressassant que la saison n'a jamais été aussi mauvaise et qu'il s'agit d'une catastrophe climatique sans précédent.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 14 Mai 2001 : 02h00
Source : Le Quotidien du Médecin, n°6912, 7 mai 2001.
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