caroline
Portrait de cgelitti
mon père a 83 ans, il est atteint d'un cancer secondaire du foie diagnostiqué en juin de cette année. Son état empire, il est sous morphine, pas de chimio ni traitement. Son alimentation est de plus en plus difficile, ses forces s'amenuisent, il ne se lève plus que 3 fois par jour avec un déambulateur pour ses "repas" qui sont un vrai calvaire car il vomit et n'arrive plus à avaler. Il est toujours chez lui avec ma mère plus jeune mais 72 ans quand même car c'est leur décision. J'essaie de passer le plus de têmps avec lui. Il a toujours été courageux, ne se plaignant que rarement mais ca fait un petit moment que je lis le désespoir dans ses yeux. Et aujourd'hui lui qui ne parle que très peu, m'a dit qu'il voulait en finir, les larmes aux yeux.

J'ai essayé de lui dire que chaque moment passé est un cadeau, qu'il ne nous embête pas (c'est ce qu'il a exprimé) mais je me mets à sa place et me dis que ce serait pour lui un soulagement de partir encore entier, sans couche, avec toute sa lucidité.

C'est horrible de penser que la mort est à présent celle qui va le soulager.

Peut il en parler à son médecin? parce que finalement, cette liberté de mourrir il ne l'a plus...donc il n'a plus le choix, ni celui de vivre, ni celui de mourrir. Il affronte deux douleurs insupportables.

Ils ont fait le choix de rester ensemble, mais c'est bien difficile pour ma mère.

J'ai l'impression que je vais les perdre tous les deux, je me sens impuissante et j'espère que la faucheuse ne tardera plus car c'est son voeu et je le respecte.

Pensez vous que je doive réagir autrement? C'est la première fois que cette maladie touche un de mes proches et le choc a été rude. Je "voyais" mon père partir pendant son sommeil, tranquillement, sereinement comme il a toujours été. Mais le destin en a décidé autrement...

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