Historique : La découverte du BCG

Publié le Lundi 11 Octobre 1999 : 02h00
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Le début des recherches sur la tuberculose et les vaccinations. A la fin du XIXe siècle, les connaissances sur la tuberculose s'accumulaient rapidement. Le microbe responsable fut découvert en 1882, et appelé Mycobacterium tuberculosis ou bacille de Koch, du nom du médecin allemand qui l'isola le premier. Le même médecin décrivit un phénomène très curieux. Lorsqu'on injectait une petite quantité de bacilles à des cobayes, cela provoquait une infection lentement progressive. Si, un peu plus tard, on leur injectait une grande quantité de bacilles, au lieu de mourir d'une infection foudroyante, les cobayes guérissaient de cette seconde injection. Mais la première injection finissait par les tuer... Si on pouvait trouver un microbe provoquant une infection bénigne, mais protégeant contre la seconde infection... on aurait un vaccin. Pasteur réussit à fabriquer les premiers vaccins vivants de ce type : un virus atténué vaccinant contre le choléra des poules (1879), et un bacille atténué contre la maladie du charbon des moutons (1881).

Des années de cultures pour atténuer la virulence des bacilles tuberculeux.Albert Calmette et Camille Guérin veulent vérifier si la tuberculose peut se transmettre par voie digestive, en plus de la voie respiratoire. Pour cela, ils font pousser des bacilles tuberculeux bovins sur des pommes de terre glycérinées. Mais le résultat est difficile à homogénéiser. En ajoutant une goutte de bile de boeuf dans le mortier, l'homogénéisation devient plus facile. Après divers essais, en 1908, ils décident de continuer à cultiver le bacille de Koch sur pommes de terre glycérinées biliées. Chaque culture dure 21 jours, après quoi les bacilles sont récoltés et remis en culture sur un milieu neuf. Peu à peu, les bacilles se modifient. A l'origine, 0,1 microgramme de culture tuaient les cobayes en 40 à 60 jours. Au bout d'un an de passages successifs en culture, la virulence de la souche augmentait : 0,01 microgrammes de culture suffisaient à tuer les cobayes. Puis sa virulence commença de diminuer. Au bout de 39 passages successifs en culture (soit 839 jours : près de deux ans et demi !), la souche devint incapable de tuer les animaux. En 1913, Calmette et Guérin envisagent d'entreprendre des essais de vaccination sur du bétail, mais l'arrivée de la Première Guerre Mondiale les en empêche. Ils parviennent cependant à poursuivre la culture de leur mycobactérie, non sans difficulté, car en raison du conflit, les pommes de terre sont hors de prix, et il est difficile de se procurer de la bile de boeuf dans les abattoirs.

Publié le Lundi 11 Octobre 1999 : 02h00
Source : Gheorghiu M. " Le BCG, vaccin contre la tuberculose : leçons du passé pour aujourd'hui ". In Moulin A.-M. et coll. " L'aventure de la vaccination " Fayard éd., Paris 1996 : 219-228. Fari A. " Petite histoire du BCG " Prescrire 1995 ; 15 (154) : 635-636.
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