France Alzheimer s’oppose au déremboursement de quatre médicaments

Publié par Manon Anger, journaliste santé le Mardi 29 Mai 2018 : 14h24

La décision de la ministre Agnès Buzyn va coûter cher aux familles des patients atteints d'Alzheimer, déplore l'association France Alzheimer... Et ce prix ne sera pas que monétaire. 

© Istock

Pas assez efficaces pour continuer d'aider. C'est ce que redoutait l'association France Alzheimer. La ministre de la Solidarité et de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé ce lundi qu'elle comptait mettre fin au remboursement de quatre des médicaments prescrits dans le cadre de la maladie d'Alzheimer.

Pourquoi dérembourser ces médicaments ? A cause de leur inefficacité, selon la ministre. Mais cette décision, l'association France Alzheimer ne l'accepte pas. Dans un communiqué de presse, elle s'explique.

"Si derrière le terme efficace, on entend guérir la maladie. Bien entendu, ils ne le sont pas et ne l'ont jamais été. Par contre, si l'on parle d'un effet sur les symptômes des personnes malades, alors oui, ces médicaments sont efficaces".

La recherche aussi touchée

Derrière cette décision, il n'y a pas que les familles des patients qui seront touchées. Joël Jaouen, président de France Alzheimer, indique que cette décision remet également en cause le travail des professionnels de santé, des neurologues, des médecins aussi. "Ils ne prescrivaient pas ces médicaments pour faire plaisir ou à titre compassionnel, voire pour éviter le désespoir du patient", souligne-t-il.

Mais il continue en affirmant qu'au vu des effets secondaires éventuels de certains médicaments, les médecins ne les prescriraient pas s'ils n'étaient pas sûrs qu'il y ait un bénéfice, même léger.

Il y a déjà un an, les neurologues, membres de la Fédération nationale des Centres Mémoire de Ressources et de Recherche, avaient déjà donné leur avis dans une tribune du journal Libération. Eux aussi s'opposaient à la fin du remboursement.

Il ne faut pas non plus oublier les études qui ont démontré l'efficacité de ces traitements, avance France Alzheimer. Elles auraient prouvé que lorsqu'un patient arrêtait le traitement, ses fonctions cognitives déclinaient rapidement. Un avis que ne partage pas la Haute Autorité de Santé, chargée d'évaluer l'efficacité des molécules en circulation.

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Il faudra mettre la main à la poche

France Alzheimer précise également que les familles qui voudront continuer le traitement malgré le déremboursement devront mettre la main à la poche. Le traitement coûte 30 euros par mois. Si cela ne semble pas grand chose seul, il faut ajouter à cela les 1 200 euros/ par mois en moyenne de charge pour chaque patient. Toutes les familles n'ont donc pas les moyens de le payer.

L'association redoute une sortie du parcours de soin pour les patients dont la famille n'a pas les moyens suffisants. Leur crainte est également de briser le lien thérapeutique entre le médecin et le patient en déremboursant ces traitements.

Le communiqué rappelle aussi que la recherche pourrait payer les pots cassés de cette décision. En effet, les essais cliniques sur les médicaments pour la maladie d'Alzheimer seront limités et cela pourrait empêcher un grand nombre de patients d'accéder aux thérapies innovantes.

Le déremboursement de ces quatre médicaments ne s'accompagne même pas d'une annonce sur des moyens financiers dégagés pour la recherche, déplore enfin l'association. Bien que le Plan Maladies Neuro-Dégénératives (PMND) ait fixé un budget jusqu'en 2019.

Il faut rappeler qu'en France 900 000 personnes souffrent de la maladie d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée, ce qui représente 3 millions de personnes concernées par ces maladies en comptant les proches des patients.

Publié par Manon Anger, journaliste santé le Mardi 29 Mai 2018 : 14h24
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