Les fous du travail

Publié par Dr Catherine Feldman, psychothérapeute le Mercredi 22 Janvier 2003 : 01h00
Mis à jour le Mardi 14 Mai 2013 : 15h59
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Les « RTT » ou récupération du temps de travail, ils ne connaissent pas. Ils travaillent sans compter ; ils ont en permanence, à portée de main, au bureau, à la maison ou en déplacement, un ordinateur, un téléphone portable, un dictaphone. Rien ne les arrête. Drogués du travail, ils sont « workaholics ».

Les psychiatres Jean Adès et Michel Lejoyeux, dans leur livre « Encore plus »* rapporte le cas de Georges, un cadre supérieur de 45 ans, dont ils rencontrent d'abord la femme en consultation, déprimée devant le comportement de son mari : « Obsédé par son travail, il est devenu invivable…. Il n'a plus d'horaires, reste au bureau jusqu'à 10 heures du soir, parfois plus… Il arrive épuisé, irritable… Il ne voit presque plus les enfants et se couche, sans arriver à trouver le sommeil… Il apporte du travail à la maison tous les week-ends… Dès que j'essaye de lui parler, de le distraire, il se sent coupable… Le travail dévore sa vie et la nôtre… ». C'est clair, Georges est bien workaholic.

Workaholic, une fusion entre work et alcoholic (travail et alcoolisme)

Workaholic est un néologisme anglais, inventé par un écrivain américain, Wayne Oats. Lui-même se sentait dépendant du travail comme d'autres le sont de l'alcool, ce qu'il a raconté dans son récit autobiographique « Confessions d'un workaholic ». Et le terme a fait fortune aux Etats-Unis au point qu'il est passé dans le langage courant. En France, le néologisme commence à être utilisé pour désigner ces « fous », ces « addict », ces « accros » du travail, qui sont probablement plus nombreux qu'on le croit…

Plus de 12% des cadres travaillent plus de 50 heures par semaine

D'après une récente enquête réalisée par la CFDT auprès de 6.500 cadres, 12,8% d'entre eux travailleraient plus de 50 heures par semaine. Ces « assidus du bureau » sont majoritairement « des cadres de moins de 40 ans, travaillant dans des entreprises privées ». Selon l'enquête, ils acceptent ce rythme pour faire avancer leur carrière. Comme Georges l'explique à sa femme « il n'a pas le choix ». Il précise d'ailleurs : « ma femme ne comprend pas que mon poste et ma promotion sont en jeu… mon travail est un combat, si je baisse la garde, je le perdrai. »

Publié par Dr Catherine Feldman, psychothérapeute le Mercredi 22 Janvier 2003 : 01h00
Mis à jour le Mardi 14 Mai 2013 : 15h59
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