La force de la prévention : l'exemple de l'infarctus cérébral

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 26 Juin 2006 : 02h00
Mis à jour le Mardi 11 Juillet 2006 : 02h00
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On peut se prémunir en partie contre la majorité des grandes maladies que sont le cancer, l'infarctus, le diabète, l'obésité et même la maladie d'Alzheimer. En effet, de nombreux facteurs de risque ont été identifiés et certains sont modifiables, particulièrement ceux qui sont attribués à notre mode de vie, tels que le tabac, l'alimentation, l'alcool ou la sédentarité. Comme démontrée pour l'accident vasculaire cérébral, l'efficacité de cette prévention peut se révéler très puissante.

Que sait-on de l'accident vasculaire cérébral ?

L'accident vasculaire cérébral (AVC), parfois désigné par le grand public par infarctus cérébral, représente la troisième cause de mortalité, la deuxième cause de démence et la première cause de handicap. Si la prise en charge s'est considérablement améliorée, c'est également le cas de la prévention. En cumulant tous les progrès, on constate que cette maladie recule.On sait que 75% des cas d'accident vasculaire cérébral surviennent chez les plus de 75 ans et qu'ils sont corrélés à des facteurs de risque, qui sont, par ordre d'importance : hypertension artérielle, excès de cholestérol, diabète, tabagisme et maladies cardiaques emboliques.

Net recul de l'accident vasculaire cérébral

À Dijon, la tenue d'un registre des Accidents Vasculaires Cérébraux depuis 1985, offre une vision intéressante de l'évolution de cette maladie sur vingt ans, la première du genre en Europe, et illustre parfaitement bien l'efficacité des mesures de prévention.

La fréquence des cas d'accident vasculaire cérébral n'a pas augmenté malgré le vieillissement de la population et donc malgré l'augmentation de la population âgée à risque (25% des plus de 75 ans en vingt ans) et de la population générale (Dijon intra-muros : + 10.000 habitants en vingt ans). Ce phénomène s'explique par l'efficacité de la prise en charge (soins primaires, anti-vitamine K, etc.), mais aussi par celle des mesures de prévention.

L'âge d'apparition de l'accident vasculaire cérébral a reculé de 5 ans chez les hommes et de 8 ans chez les femmes. Ainsi, l'âge moyen est aujourd'hui respectivement de 73 et 78 ans. Ce recul est attribuable au développement de l'information et de la prévention. À force de lutter contre les facteurs de risques, il semble que le message de prévention de l'accident vasculaire cérébral soit enfin passé, en partie : surveillance de la tension artérielle et du cholestérol notamment, mais aussi diminution de 25% du tabagisme en 20 ans.

Pourtant, la progression du diabète et de l'obésité n'a pas aidé à lutter contre cette maladie.

Une belle démonstration de la puissance de la prévention

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Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 26 Juin 2006 : 02h00
Mis à jour le Mardi 11 Juillet 2006 : 02h00
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