Fleurs de Bach : oui à l’effet placebo, non à la crédulité !

Article publié par Dr Philippe Presles le 08/10/2010
Cet article n'a pas fait l'objet de révision depuis cette date. Il figure dans le planning de mises à jour de la rédaction.


Fleurs de Bach : oui à l’effet placebo, non à la crédulité !

Que penser de tel ou tel traitement non scientifique, comme les Fleurs de Bach ? Cette question, fréquemment posée aux médecins, soulève je crois un problème de fond qui touche tant à la crédulité d’un côté, qu’à l’effet placebo de l’autre.

Les fleurs de Bach

Quand je regarde les effets attendus du catalogue des plantes sélectionnées pour les Fleurs de Bach, je me dis que je devrais prendre de la verveine car je suis plutôt « enthousiaste à l'excès ». Du coup je mettrais ma femme sous marronnier rouge pour sa « peur pour les autres et sa crainte du pire pour eux (côté mère poule) » et je donnerais bien à mon fils de l’alène pour son « indécision et sa difficulté à choisir entre deux options », autrement sa difficulté à savoir ce qu’il va faire après le bac.

 

Les limites de la crédulité

Du même coup, avec la verveine je réglerai mes « douleurs vertébrales, toux, et problèmes cutanés ». Ma femme aurait moins de « diarrhée, constipation, hypertension, palpitations, et troubles respiratoires » et mon fils moins de « diarrhée, constipation, mal des transports, troubles du sommeil ». Autrement dit, avec un tel catalogue, les choses deviennent à la fois simples et générales, ce qui en garantit le succès, car on trouve des réponses à tout… À condition d’être un peu crédule.

 

Être un peu crédule n’est pas un gros problème en soi. Ne peut-on pas lire tous les jours son horoscope et être heureux dans la vie ? Mais la crédulité a une limite importante qu’il faut toujours garder à l’esprit : ces approches thérapeutiques ne doivent jamais se substituer à de vrais traitements pour les maladies graves ou potentiellement graves. Or la réalité nous montre que tout est possible et du coup l’on devient méfiant pour donner son avis. D’autant plus que pour les Fleurs de Bach aucune étude scientifique digne de ce nom n’a pu montrer une quelconque supériorité en comparaison à un placebo.

 

L’intérêt de l’effet placebo

Inversement, nous savons depuis le Dr Coué que l’effet placebo est très efficace. Pourquoi s’en priver ? Je peux être sûr que prendre un peu de verveine, à des doses très faibles comme dans les Fleurs de Bach, ne me fera courir aucun risque. Il n’y a donc aucun danger à être un peu crédule…

 

Comme pour tout traitement, c’est la dose qui fait le poison, sauf que pour les traitements comme les Fleurs de Bach, c’est la dose de crédulité qui compte. Alors soyons à la fois un peu crédules mais pas stupides : engageons-nous si nous le souhaitons dans les processus qui nous font du bien - même s’ils ne sont pas tous scientifiques - mais gardons notre raison en alerte pour ne pas dépasser les limites du raisonnable. Et bien entendu, comme pour toute automédication, si les signes persistent, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Article publié par Dr Philippe Presles le 08/10/2010
Cet article n'a pas fait l'objet de révision depuis cette date. Il figure dans le planning de mises à jour de la rédaction.

Ce billet fait partie du blog de Dr Philippe Presles, Le blog de la Rédaction

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