Feu vert pour le néo-végétarisme ?

Publié le Lundi 18 Avril 2005 : 02h00
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Après avoir réduit les sucres et banni les graisses de nos assiettes, nous freinons dorénavant sur la viande et le poisson, au profit des fruits et légumes. Mais ce régime, quasi végétarien, est-il bénéfique à la santé, et avec lui, tous les végétarismes ?

Fini le végétarien baba-cool des années 80, nourri aux algues et aux graines, maigre et surtout, carencé. La doctrine végétarienne pure et dure s'assouplit peu à peu : c'est le néo-végétarisme. Et, surprise, les nutritionnistes annoncent que cette nouvelle formule, remise au goût du jour, pourrait bien avoir des vertus diététiques. Il autorise en effet les viandes et poissons, en quantités limitées, en continuant de prôner une consommation conséquente de fruits et légumes Comme le conseillent de plus en plus de médecins.

Une formule idéale pour chouchouter votre santé ?

Le végétarisme est-il la recette idéale pour autant ? En partie tout du moins, affirment aujourd'hui les spécialistes. Si les bienfaits de la formule restent encore à prouver -ceux qui l'adoptent optant généralement pour un mode de vie plus sain avec davantage d'activités physiques, moins de tabac et d'alcool-, il semble qu'elle dispose d'atouts santé alléchants. Elle est moins riche en lipides et en mauvais cholestérol. Pour peu qu'on garde la main légère sur l'huile et qu'on n'abuse pas des produits laitiers ou des oeufs ! Elle apporte une bonne dose de fibres - excellentes pour le transit, les artères, la ligne-, en mettant l'accent sur les fruits et légumes, et des flopées d'anti-oxydants (ces fameux micro-nutriments anti-âge qui protégeraient des cancers et des maladies cardio-vasculaires). C'est une alimentation riche en magnésium et en potassium. Le premier est un micronutriment indispensable aux muscles et à la circulation sanguine, le second joue sur la pression artérielle. Elle exclut la plupart des produits transformés. Ce qui réduit la consommation de sel, incriminée dans l'apparition des problèmes cardiovasculaires, voire de certaines tumeurs. Evidemment, la prudence reste de mise. Avant de vous lancer, vous ne sauriez couper à l'avis de votre médecin, voire d'un nutritionniste. Le néo-végétarisme connaît son heure de gloire. Certes, il est intéressant À condition d'être adapté à vos besoins et de n'engendrer aucune carence ! Quant à ses variantes, aussi appétissantes soient-elles, toutes ne sont pas recommandées. Au contraire, elles sont souvent trop restrictives.

Une seule exigence : éviter les carences

Faire une croix sur les oeufs ou le lait en adoptant une formule ovolactovégétarienne ou ovovégétarienne par exemple, peut séduire beaucoup d'entre nous à partir de la cinquantaine. Pourtant, même avec une intolérance, on peut avaler des laitages sans être gêné et continuer ainsi à protéger ses os de l'ostéoporose. De même qu'on peut manger des oeufs malgré un taux de cholestérol élevé. D'aucuns soutiennent qu'il est possible d'équilibrer tous ces régimes, dans l'idéal Reste que d'après plusieurs études, les végétariens accusent de nombreux déficits. Sans aller jusqu'au végétalisme qui, en interdisant tous produits d'origine animale, s'avère totalement déséquilibré -privé de leurs acides aminés essentiels, le corps qui ne sait pas les fabriquer s'expose à des problèmes cardiaques-, l'ensemble de ces modes d'alimentation peuvent induire des manques. D'abord en fer, celui que contiennent les légumes étant moins bien assimilé, ensuite en vitamines B12 (pratiquement absentes du règne végétal), et enfin, en vitamine D (nécessaire au squelette). Comment les éviter ? En gardant à l'esprit que plus ces régimes comportent d'interdictions, plus leur risque déficitaire est grand, et que quelle que soit l'option choisie, chaque famille d'aliments doit y trouver sa place. Rester en forme, c'est manger chaque jour de la viande, du poisson, des produits laitiers, des légumes, des fruits, des céréales et des féculents. Il n'y a que leur répartition qui puisse être modifiée.

Publié le Lundi 18 Avril 2005 : 02h00
Source : Vivre Plus n°37, mai 2005.
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