" Femmes sans frontières "

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 23 Juillet 2001 : 02h00
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Financé par le Conseil général des Hauts-de-Seine (banlieue nord de Paris), ce forum itinérant baptisé « Femmes sans frontières » se tient une douzaine de fois par an dans différentes communes du département. Sa vocation : éduquer les femmes en matière de santé pour elles-mêmes bien sûr, mais également pour qu'elles redeviennent des agents de prévention au sein de leur propre famille.

Dans un gymnase de Colombes (Hauts-de-Seine), des femmes se bousculent autour d'un stand où deux étudiantes en médecine distribuent des produits. Notamment, des gels douches sont offerts, l'occasion de prodiguer quelques conseils d'hygiène (quel type de savon utiliser pour les tout-petits, quelle fréquence pour les bains, etc.). Avec le soutien d'autres « sponsors », des sachets de soupe ou de lait en poudre sont proposés, l'occasion cette fois-ci de dialoguer sur la nutrition. Parmi les problèmes soulevés, reviennent souvent des questions sur l'obésité et comment faire pour maigrir. Souvent, le surpoids est lié à la culture ; par exemple, la cuisine maghrébine mélange en grande proportion la graisse et les féculents, mais on trouve également de mauvaises habitudes alimentaires, comme le grignotage constant. Quelques questions sur le régime alimentaire habituel permettent fréquemment d'apporter des réponses et des conseils simples et concrets à ces mères de famille en difficulté, pour la plupart immigrées. En effet, ces femmes habitantes de la ville ont été conduites auprès de professionnels de santé par bus spécial depuis les cités avoisinantes, d'où elles ne sortent que très rarement. Arrivées à l'entrée du forum, ces mères de milieu modeste ont la possibilité de laisser leurs enfants dans un espace garderie aménagé. Guidées de stand en stand au gré de leurs besoins, elles peuvent également se diriger au bout du bâtiment où des médecins les attendent pour réaliser des tests cardiovasculaires, des vaccins, des examens gynécologiques, dentaires, un dépistage du cancer du sein, etc.

Nombre d'autres sujets sont abordés comme les drogues, la contraception ou la sexualité. En effet, dans les familles modestes, les échanges concernant les problèmes de santé existent de moins en moins. Auparavant, dans les familles traditionnelles, les règles d'hygiène intime se transmettaient de mères en filles. Mais aujourd'hui ce n'est plus systématique, car une mère ne sachant ni lire ni écrire n'a que peu d'influence sur sa fille scolarisée toute sa vie. D'où l'importance des actions menées par cette Association de Solidarité.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 23 Juillet 2001 : 02h00
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