Fantasmes, vous avez dit fantasmes...

Publié par Dr Catherine Feldman, psychothérapeute le Mercredi 29 Octobre 2003 : 01h00

Les fantasmes appartiennent à notre univers érotique et intime et jouent plusieurs rôles essentiels dans notre sexualité. Mais à quoi ressemblent-ils ? Quels sont donc ses scénarios imaginaires qui nous fascinent parfois autant qu'ils nous inquiètent ?

© Istock

Les sexologues désignent par le mot fantasme, « une représentation de l'imaginaire qui déclenche une émotion sexuelle ». Elle peut prendre la forme d'une image, d'un scénario, d'une situation, d'une mise en scène et elle contribue à provoquer le désir dans la sexualité. Le fantasme peut être conscient et exprimé à son partenaire, il est parfois inconscient. Certains rêves érotiques peuvent alors le révéler. Les fantasmes coexistent chez chacun d'entre nous et leur libre représentation est plutôt un signe de bonne santé psychique.

Les sexologues différencient plusieurs formes de fantasmes

Une attirance sexuelle spécifique : pour les unes, ce sont les yeux bleus océan d'un homme qui les font fondre, pour les autres, c'est la chevelure châtain d'une femme qui est irrésistible. La particularité physique de la personne suffit à elle seule à provoquer un émoi sexuel, voire à déclencher tout un imaginaire, riche de sensualité et d'érotisme.

Typiquement, cette attirance pour la spécificité physique de la personne en dehors même de sa personnalité propre, est un fantasme. Tout se passe comme si les yeux bleus ou la chevelure châtain entraient en résonance avec une image intérieure capable à elle seule de susciter un intérêt et un attrait sexuel, un désir en dehors de tout échange, de tout contact, de toute sensation.

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Un scénario particulièrement excitant

Ce scénario n'a pas nécessairement besoin de puiser sa source dans le réel. Il trouve son inspiration dans l'imaginaire (plus ou moins riche) de chacun. Chaque personne, homme ou femme, devient ainsi le producteur de ses films X préférés et à usage strictement personnel. Ce « cinéma de nos nuits blanches » comme l'explique le Dr David Elia est la forme « la plus élaborée et la plus précise du fantasme ».

Parfois, ce scénario prend des aspects encore plus précis, sous la forme de mise en scène, où l'homme et la femme jouent des rôles spécifiques, comme ceux par exemple du maître, de l'esclave ou du docteur pour les hommes et pour les femmes, de la dominatrice, de la soumise ou de la soubrette. Les situations de triolisme (deux hommes et une femme ou deux femmes et un homme) ou de voyeurisme sont aussi fréquemment imaginées.

Lorsque l'imagination vient à manquer, certains éprouvent le besoin de la stimuler à nouveau, en visionnant des films ou en lisant des revues érotiques.

N'ayons pas peur de nos fantasmes

Notre éducation ne nous a généralement pas préparé à développer ainsi et à accepter notre imaginaire érotique. De fait, souvent il nous inquiète et il nous est difficile de laisser un espace à « cette face cachée de nous-mêmes qui ne trouve pas place dans nos vies habituelles ».

Ainsi, profitant de l'anonymat d'Internet, une jeune femme témoigne bien de cette peur du fantasme. « J'ai un fantasme qui me pose problème » écrit-elle : « je m'imagine dans une position de soumission vis-à-vis de mon mari, et dans une situation de triolisme, avec une autre femme. Il nous prend tour à tour, et nous sommes entièrement dévolues à son plaisir, qui amène le mien (...) ».

Dès lors se questionne-t-elle : « Pourquoi est-ce ce schéma-là qui stimule ma libido, alors que dans la réalité, je serais incapable de passer à l'acte avec un tel fantasme qui est complètement contradictoire avec l'idée d'échanges tendres que je souhaite présents, pour alimenter ma vie de couple ? ».

La réponse est justement dans sa question pourrait-on dire. Son fantasme, comme tous les fantasmes, a essentiellement pour fonction de stimuler le désir et d'enrichir la sexualité. Il joue donc parfaitement bien son rôle sans qu'il ait besoin d'être agi dans la réalité.

Et comme le précise Gonzaque Masquelier**, psychologue et psychothérapeute, qui lui répond dans le cadre de cet échange virtuel (mais bien réel !) : « les fantasmes sont un carburant indispensable de notre sexualité. Ils nous servent de soupape pour nos désirs inavouables, pour lutter contre la monotonie, pour libérer la part d'agressivité souvent présente dans notre sexualité, ou pour alimenter notre romantisme ». Dès lors, mieux vaut ne pas les brider

* Guide pratique de la vie de couple. Dr D. Elia et Dr J. Wainberg, Coll Sexualité, Le Livre de Poche, 1984. ** Gonzaque Masquelier est aussi le directeur d'une école de psychothérapie (Ecole parisienne de Gestalt, 27 rue Froidevaux, 75014 Paris, tel : 01 43 22 40 41). Dans ce cadre, il propose régulièrement des groupes de thérapies centrés sur le thème de la sexualité.

Publié par Dr Catherine Feldman, psychothérapeute le Mercredi 29 Octobre 2003 : 01h00
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