Être doué, c'est quoi ?

Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 18 Avril 2005 : 02h00
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Il est doué pour la musique, elle a un don pour les mathématiques, pour le dessin ou la danse… Je ne suis pas doué pour le rangement, mais plutôt pour le jardinage : j'ai la main verte. D'où viennent ces dons ? Sont-ils génétiques, liés à l'apprentissage, aux expériences passées ?

En fait, nous avons tendance à aimer ce pour quoi on nous encourage. Si en plus, dans mon enfance, on me dit que je dessine très bien, je vais aimer dessiner. Si en plus, on me dit que je suis doué, je vais dessiner de plus en plus et avec de plus en plus de plaisir. Du coup, ma main, mon oeil et mon regard finiront par avoir plus d'expérience que ceux d'un enfant à qui l'on dit depuis toujours que ses dessins sont ratés !

Ainsi, au fil des années d'enfance, l'attitude de l'entourage va énormément contribuer à développer ou non un embryon de don. Si elle est positive, elle va m'entraîner à travailler, à m'améliorer, à devenir vraiment bon dans un domaine.

Mais encourager, admirer ne suffit pas. Idéalement, il faudrait, tout en encourageant, critiquer de manière positive. En effet, l'admiration inconditionnelle est un cadeau, mais si elle va trop loin, ce cadeau peut être empoisonné. Toujours à propos de dessin, voici l'exemple d'un jeune homme de 15 ans qui rêvait de devenir dessinateur de Bande Dessinée. Un voisin attentif lui posa une question « as-tu pensé à une école d'art, de dessin, de décoration ? » Il répondit « je crois que je n'ai plus grand chose à apprendre ! » Ses parents, admiratifs béats, lui répétaient régulièrement qu'il était un génie à la hauteur des plus grands noms de la BD. Se croire arrivé au sommet quand on en est loin, voilà qui stérilise les possibles progrès et qui empêche un don de se développer.

Alors, oui aux encouragements constants, et oui aussi à l'exigence. Il est préférable de dire à un enfant « je sais que tu peux encore mieux faire »

Finalement, ce n'est pas parce que quelqu'un est doué qu'on le lui affirme, mais parce qu'on prend le temps de le lui dire qu'il le devient ! Et c'est grâce au travail fourni, motivé par les encouragements que les dons se développent. Le tout avec une pincée essentielle d'autocritique. En effet, de la critique constructive extérieure, on apprend à se critiquer soi-même. Alors, le vrai don, c'est donc sans doute avant tout l'amour du travail et l'envie de progresser !

Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 18 Avril 2005 : 02h00
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