Entorse au pouce : prudence !

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le Vendredi 10 Décembre 2010 : 10h57
Mis à jour le Mercredi 05 Janvier 2011 : 08h52

Lorsqu'on perd l'équilibre en roller, à ski ou à vélo, le réflexe instinctif consiste à tendre les bras vers le sol et à ouvrir la main pour amortir le choc. Aïe, mon pouce !

Se blesser le pouce : fréquent mais pas sans importance

Les entorses du pouce sont fréquentes et considérées comme bénignes. On se dit qu'avec une solide contention, la blessure guérira d'elle même en quelques jours. Après tout, ça n'est qu'un doigt. Mais attention, le pouce n'est pas un doigt comme les autres. C'est lui qui permet d'utiliser la main comme une pince et cela lui confère une importance capitale dans presque tous les gestes de la vie courante. De la prise d'un stylo au maniement d'un marteau, nous sommes très dépendants des services qu'il nous rend. Il fait preuve aussi d'une exceptionnelle robustesse grâce à son socle musculaire imposant (le thénar), qui forme une boule à sa base, et de puissants ligaments qui courent tout au long de l'édifice.

Prudence en cas d'entorse au pouce !

Lorsqu'on se tord le pouce au point d'arracher les ligaments, pas d'hésitation, il faut filer aux urgences. Dans la majorité des cas, c'est le ligament collatéral cubital (LCC) qui est touché. Comment savoir s'il est seulement meurtri ou carrément déchiré ? L'examen clinique consiste pour le professionnel à bloquer la base du pouce et à imprimer un mouvement de la phalange vers l'extérieur, ce qui permet de constater l'existence d'un jeu anormal. Un autre test, plus facile à réaliser, consiste à essayer de saisir un gros livre de sa main blessée. En cas de blessure du ligament, la pince cesse d'être efficace et le livre tombe à terre. Si vous présentez ce symptôme, rendez-vous donc chez un spécialiste afin de réaliser une échographie qui confirmera la lésion, car seul un examen sérieux permet de distinguer une entorse bénigne d'une déchirure grave. Dans le premier cas, on propose des médicaments classiques, anti-inflammatoires et antidouleurs, associés à une immobilisation stricte, pour un mois environ, par une attelle qui entoure la colonne du pouce mais laisse libre la dernière phalange ainsi que son articulation et le poignet.

Comme l'articulation reste assez fragile dans les semaines et les mois qui suivent la chute, on conseille à la personne blessée de remettre son attelle lorsqu'elle pratique des sports à risque (vélo, ski, roller). En cas de déchirure complète, l'opération s'impose. S'ensuit une immobilisation partielle et une longue période de récupération.

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le Vendredi 10 Décembre 2010 : 10h57
Mis à jour le Mercredi 05 Janvier 2011 : 08h52
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