Leila2013
Portrait de cgelitti
Je me prénomme Leila, j'ai 18ans.

Je ne me rappelle pas depuis quand mon père est alcoolique... Quand j'étais toute petite je le surprenais déjà en train de boire en cachette ...

Je sors d'une dépression, après mûre réflexion je crois que l'origine du problème vient de mon père. Je n'en parlais jamais à personne, même mes amis de longue date ne le savaient pas et à trop enfouir le problème, il a resurgi ..

Il n'a jamais été violent physiquement mais ces propos sont démoralisants, humiliants, blessants ...etc

C'est très dur à vivre. Je n'arrive plus à lui pardonner.

Chaque crise annonce une nouvelle baisse de moral.

C'est un cercle sans fin, les crises s'enchaînent, c'est dur moralement ...

Leila
Portrait de cgelitti
Par "imaginer le pire" je pense par là à un suicide de la part de mon père ou alors de son décès car son foie est déjà beaucoup atteint à cause de l'alcool...
Un accident de voiture est aussi probable !
Mais je ne peux rien y faire ...
martine
Portrait de cgelitti
Un enfant n'a pas un devoir moral d'aimer un père ou une mère qui le fait autant souffrir: les parents sont là pour aider un enfant à grandir, à acquérir son indépendance et ce n'est pas le contraire.
Ceux qu'il faut aider d'abord, c'est vous les enfants, qui souffraient ce que vous ne devriez jamais souffrir, pensez à vous d'abord. Il n'y a pas de jugement à avoir sur vos parents, enlevez la haine dés que vous le pourrez, mais vous le dites vous mêmes: vous n'y pouvait rien, c'est seulement la personne qui est prisonnière de l'alcool qui doit devenir consciente et prendre ensuite la décision. Si elle la prends un jour, il vaut mieux qu'elle retrouve des enfants qu ont pu s'en sortir, aimer et construire. En attendant, elles n'ont pas le droit de vous empécher de vivre et de vous culpabiliser.
martine
Portrait de cgelitti
je suis heureuse de vous lire toutes et tous et souffre avec vous pour ce que vous endurez.
Je voudrais juste vous dire que j'ai divorcé il y a 4 ans passés, POUR mes enfants. J'étais capable d'être encore pendant des années la femme aimante et souffrante qui se sacrifie et garde à flots ce mari qu'elle a choisi par amour.Le déclic, ça a été l'effroi dans les yeux de ma fille en voyant son père m'enfermer et me taper; j'avais toujours évité qu'elle s'en aperçoive, elle mais aussi ses 3 frères. Eux avaient compris depuis longtemps et ce jour_là, nous avons dû fuir la maison, c'est nos 3 fils qui ont maitrisé leur père.J'ai mis plus d'un an à obtenir le divorce (pour faute) plusieurs mois avant qu'il ne quitte la maison (je dormais sur le canapé). Ma fille et l'un de mes fils (au RMI malgré ses capacités) ne s'en sont jamais complétement remis jusqu'à présent. Mais nous avançons. Nous sommes en paix. Leur Papa téléphone parfois, une épreuve pour ma fille, qui a 19 ans, lorsqu'il n'est pas "net", mais un lien nécessaire. Les grands ménent leur vie sans trop penser à lui, sauf celui qui est au RMI et pense qu'un jour il va l'aider à se remettre dans le bon chemin,son père leur manque, je le sais et je fais tout pour qu'ils n'aient pas de rancune, je reconnais que c'est aussi moi qui ai accepté cette situation pendant des années (même si je lui demandais tout le temps d'arrêter)et je l'ai dit aux enfants. L'avenir c'est demain et il faut faire avec ce que l'on a (passé, possibilités etc...)
Je travaille, je suis dans 2 associations de bénévoles et nous sommes heureux avec les enfants de nous retrouver, je fais ce que je peux pour qu'ils aient leur vie épanouie, chacun dans la voie qu'ils choisissent. Mon ex-mari, de retour dans son pays d'origine,fait souffrir les proches de sa famille par ses excés, il faut dire que beaucoup l'avait encouragé dans la voie de l'alcoolisation, avant même que nous nous rencontrions, il y a presque 30 ans.
Courage la lumière est au bout, particulièrement pour Marie.
Leila
Portrait de cgelitti
Message à Ginou :
Je suis contre l'idée que vous soyez coupable de sa maladie !
Personne n'y est pour quelque chose ... c'est la personne avec sa propre conscience qui tombe dans ce problème.
Il a eu le déclic après que vous l'ayez aidé... mais cela n'a rien à voir avec vous ..
En plus d'avoir subi cette maladie, vous ne devez pas vous sentir coupable
Croyez moi !
coco
Portrait de cgelitti
chere amelie
malheureusement il n'y a pas grand chose a faire pour les personnes plongées dans l'alcool comme pour toutes autres formes d'addictions d'ailleurs car comme en temoigne une ancienne alcoolique sur ce forum une personne sous l'emprise de l'alcool de se rend pas compte du mal qu'elle inflige a son entourage et lorsqu'elle s'en rend compte (losqu'elle est sobre) elle est prise d'un atroce culpabilité qu'elle noie dans l'alcool et ça devient un cercle vicieux...
nous enfants nous ne pouvons malgres tout pas grand chose mise a part temoigner à ce parent son amour en lui explicant que ce n'est pas parce qu'elle boit que nous ne l'aimons plus mais qu'elle est la seule qui puisse se sortir de là et que si un jour elle en a la volonté vous la soutiendrez mais la decision lui appartient...
puis la vie suis son court, tu partira un jour de chez toi pour construire ta propre vie et par la force des choses tu prendras tes distances par rapport à ta maman...pour vivre mieux et heureuse...
courage a toi jeune fille et surtout ne laisse pas cette situation gacher ta vie d'adulte...
a bientot
pourtous
Portrait de cgelitti
à savoir:

Le baclofène est le seul traitement qui peut être administré aux malades alcooliques atteints de cirrhose: ça leur permet d' arrêter de boire.
gaelle
Portrait de cgelitti
Bonjour,
Voici le message que j'ai déjà envoyé à "Jiji" :
"j'ai 32 ans, ma mère boit depuis mes 5 ans, elle est aussi gentille et généreuse que violente physiquement et moralement. J'ai vécu une enfance en enfer. Maman a mon tour de 3 enfants, j'ai coupé les ponts avec ma mère, il y a 3 ans, afin de me proteger, ainsi que mes enfants. C'est culpabilisant mais j'ai du mettre dans la balance mon equilibre familiale en face de la souffrance qu'elle m'infligeait. Depuis je vis sereinement car je sais que ce n'est pas de ma faute si elle boit et que je n'ai pas à supporter sa violence. Je lui ai clairement dit que si elle arretait de boire elle me reverrait ainsi que ses 3 petits enfants. Mais rien à faire, j'ai pourtant fait de nombreuses démarches pour l'aider mais je n'y suis pas arrivée, alors j'ai du prendre cette terrible décison : mon équilibre en priorité pour mes enfants et mon mari.Je n'ai pas de conseils à te donner, chacun trouve sa voie, et en accepte les conséquences ; chaque histoire est différente, mais les notres font terriblement souffrir. Ne laisse pas les autres te juger, quoiqu'en soit ta décision ; et continue à en parler, la parole est salvatrice. Bon courage, et n'oublie pas que tu n'es pas seule."
Une chose est inquiettante, tu dis imaginer le pire, que veux tu dire par là ?
ginou
Portrait de cgelitti
chere petite leila si jeune et deja si adulte.j ai une de mes filles qui a 22 ans et elle est comme toi trop adulte,c est cela qui n est pas normal.les personnes alcooliques volent leur enfance a leurs propres enfants et c est surtout cela qui est difficile a comprendre.comment un parent peut il faire autant souffrir ses enfants et pouvoir vivre et refaire sa vie comme si de rien etait ,alors qu ils ont tout detruit autour d eux car dans mon cas lorsque il etait dans de bonnes dispositions ma fille lui hurlait sa detresse et lui disait meme son envie d en finir avec la vie.on lui disait notre amour,on lui disait que c etait une maladie et qu on pouvait en guerir .heureusement que mes filles sont tombees sur deux hommes formidables,mai ma fille de 33 ans qui est mariee et qui est maman de deux adorables enfants est obligee de suivre une therapie depuis 8 ans alors qu elle a tout pour etre heureuse,quand a ma fille de 22 ans qui vit avec moi malgre ses paroles de reconfort et de sagesse,je vois bien quelle souffre de l eloignement de son pere et quelle considere que son pere la abandonner pour la seconde fois.et le plus fort c est qu il risque de revenir comme si de rien etait ,comme il a fait il y a trois ans et que l on ne peut s empecher de l aider car je ne sais comment il s y prend pour que tout le monde finisse par l aider.
Marie
Portrait de cgelitti
A Ginou, Leila, Gaelle,Bleuette, Pascal et aussi à tous les autres.
Je suis mariée depuis 26 ans et mon mari est alcoolique depuis 15 ans.
Chaque jour la vie est un enfer.
J'ai tout essayé pour l'aider mais je suis à bout de forces.
Notre combat ne sert à rien tant que le malade lui même est dans le déni. Depuis 2 ans il n'a pas revu son médecin car il connait le résultat, pourtant ses analyses d'il y a 2 ans étaient déjà catastrophiques.
Comme toi Bleuette moi aussi, et je le dis sans honte que parfois je préférerais sa mort.
J'ai 3 enfants, un travail et j'assume tout à la maison y compris le mari alors que sans lui j'aurais une lourde charge en moins à porter.
Je suis à bout de forces et en ce moment je lis un livre qui explique bien pourquoi nous sommes prêtes à toujours aider ces personnes car en fait nous sommes dans la codépendance.
Je pense particulièrement à Ginou qui nous dit qu'elle serait encore prête à reprendre son mari après tout ce qu'il lui a fait subir.
Ce livre s'intitule " Ces femmes qui aiment trop" de Robin Norwood (en 2 volumes).
Moi aussi je suis une femme qui aime trop et ce livre m'a aidé à comprendre le système.
J'ai l'impression que plus le temps passe et plus mon mari devient inintéressant, insensible, et je porte toute la misère toute seule.
Lundi dernier mon deuxième fils avait une consultation chirurgicale très importante et le soir je suis rentrée avec mon fils à la maison et il n'a même pas demandé ce que le chirurgien nous a dit.
J'ai lancé le débat et je lui ai annoncé que notre fls de 19 ans avait un cancer et qu'il serait opéré en urgence le jeudi 15 septembre (c'est chose faite et tout s'est bien passé reste à attendre la suite des analyses).
Et vous n'allez peut être pas me croire mais quand je lui ai dit ça j'ai eu comme refléxion " et alors, ou est le problème? ".
Plus le temps passe et plus je le haïs car j'ai l'impression que son cerveau est anesthésié par l'alcool et son coeur est devenu un iceberg.
Vous me direz : Pourquoi tu ne le quittes pas?
Et bien, je n'en sais rien....
Justement je suis peut être une femme qui aime trop comme le décrit si bien Robin.
Tous les jours j'attends ce fameux déclic qu'il décide d'arréter de boire et chaque jour j'ai l'impression qu'il s'enfonce davantage.
Je suis à bout de forces autant physiques que morales car la charge est devenue trop lourde pour une personne toutes seule, mais que faire?
Pour ma part, continuer à vivre le calvaire, mais vous, femmes d'alcooliques, quand vous avez coupé les ponts ne revenez pas sur votre décision car les paroles et les promesses le vent les emporte et c'est un cercle vicieux.
Ils ou elles recommenceront à boire
Une chose est sûre, moi je ne culpabilise pas du tout par rapport à son alcoolisme car j'estime que j'ai fait pour lui ce que personne ne serait prête à faire et je continue.
Ces jours je me dis que mon fils a un cancer, mais pourquoi lui et pas son père?
C'est fort et peut être certains de vous le jugeront malsain mais c'est ma réalité.
Voilà mon témoignage.
Courage à tous et toutes et je vous souhaite bonne chance.
Marie




Leila ...
Portrait de cgelitti
Bonjour à tout le monde et particulièrement à Marie qui est comme la nouvelle...
On a toutes des sacrés vies quand même... On est pas gâtées !
Je vais finir par croire que le bonheur n'existe dans aucune famille ??????
Parfois je me dis que j'ai du sang de mon père et j'espère vraiment que je n'hériterais rien de lui...
Tout ce que vous me dites m'aide à comprendre certains comportements de ma mère envers mon père comme pourquoi elle reste ..etc.
Et comme beaucoup je me pose la question si il y aura un jour une issue à ce désastre ? Je garde espoir pour le moment même si souvent il m'a laissé tombé..

Enfin si je peux donner mon conseil d'enfant d'alcoolique, ne restez pas pour les enfants avec ces personnes malades . Même si les enfants seront peut-être surpris et mal dans leur peau au début; c'est mieux pour qu'ils s'épanouissent.
Je regrette beaucoup ma petite enfance où j'étais très insouciante et incapable de comprendre tout ce qui m'entourait. Cela évite d'être confronté à tous ces problèmes ... mais j'ai grandi et maintenant je comprends tout et je me sens impliqué et impuissante !

Voilà quelques mots ...

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