Douleur cardiaque : appelez le 15 sans attendre

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 19 Mars 2003 : 01h00
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Le risque d'infarctus est plus important le matin, de 4 heures à midi. Pourquoi ? Au réveil, la fréquence cardiaque et la tension augmentent. Parallèlement, l'organisme libère des hormones de stress. Mais une autre explication est tout aussi plausible : les patients souffrant dans la nuit attendent le petit matin pour appeler.

Il s'agit des résultats d'une étude menée depuis un an et demi par tous les Samu et centre 15 d'Ile-de-France.Entre le 1er janvier 2001 et le 30 juin 2002, 2.583 appels ont été enregistrés pour infarctus aigus du myocarde. La majorité, soit 37%, ont eu lieu entre 4 heures du matin et midi.

Une raison physiologique

Ce phénomène de sensibilité matinale semble aujourd'hui bien expliqué. Le matin, avant même de se lever, la fréquence cardiaque et la tension artérielle s'élèvent. Par ailleurs, en fin de nuit, l'organisme libère des hormones de stress. Ces dernières favorisent la coagulation du sang. Ainsi, à ce moment précis, le risque de formation d'un caillot, lequel peut boucher une artère et déclencher un infarctus, est plus important.

Une autre explication, bien moins scientifique

Mais selon les médecins du Samu, cette fréquence matinale élevée des infarctus peut trouver une autre explication. Nombre de personnes souffrant en pleine nuit d'une douleur thoracique n'osent pas appeler les services d'urgences ou sous-estiment la gravité de ce symptôme. Ils attendent donc le matin pour ce manifester. Or il s'agit d'une erreur ! Toute douleur thoracique durant plus de 20 minutes, qui serre la poitrine et qui parfois irradie jusque dans la mâchoire ou le bras, constitue une urgence, une vraie course contre la montre. Il est impératif d'appeler immédiatement le Samu ou les pompiers, car plus on attend, plus les lésions seront graves et irréversibles.

Il faut savoir qu'un infarctus traité dans les deux à trois heures a de grandes chances d'être soigné. Nous disposons actuellement de techniques performantes permettant de déboucher les artères. Ainsi, à condition qu'il soit pris en charge très vite, et donc qu'il appelle les urgences immédiatement, un homme de 60 ans ayant fait un infarctus peut parfaitement vivre encore une vingtaine d'années, avec une vie professionnelle, sociale et familiale normale.

Une dernière précision : il ne s'agit pas que d'une affaire d'hommes. Les femmes aussi sont concernées ! Entre 35 et 74 ans, une femme sur 2.000 est victime d'un infarctus. Mieux vaut être prévenu.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 19 Mars 2003 : 01h00
Source : Résultats présentés lors du Salon de la médecine (Medec) à Paris, mars 2003. Registre " e-must " coordonné par les centres 15 l'Ile-de-France et l'Agence régionale d'hospitalisation.
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