cgelitti
Portrait de cgelitti
Le diéthylstilbestrol (D.E.S), oestrogène de synthèse non stéroïdien a été utilisé en France entre 1948 et 1977 chez les femmes enceintes pour prévenir les avortements spontanés et les hémorragies gravidiques. Il a été commercialisé en France à partir de 1948 sous les noms de spécialités Distilbène®, Stilboestrol-Borne®.

Ce problème reste d?actualité et ce probablement pour plusieurs années encore. En effet, entre les années 1948 et 1976, environ 200 000 femmes ont été traitées par D.E.S. pendant leur grossesse en France. En tenant compte des avortements et de la mortalité f?tale et néonatale, le nombre d?enfants nés de ces grossesses est estimé à 160 000 (soit 80 000 filles et 80 000 garçons exposés in utero). Le pic de prescription est situé à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Les patients exposés in utero ont donc aujourd?hui un âge compris entre 28 ans et 55 ans. Les effets sur la 2ème génération en terme de conséquences obstétricales pourront donc être observés jusque dans les années 2015. (source Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé)

Les conséquences pour les enfants DES sont diverses : malformations génitales, cancers, fausses couches très nombreuses (en particulier tardives), grossesses extra-utérines rendant infécondes, ménopause anticipée etc...

Pourquoi parle-t-on aussi peu souvent de nous et du scandale lié à ce médicament ? Beaucoup d'enfants DES s'ignorent encore. C'est l'un des intérêts d'en parler !

Il est temps que l'Etat français assume aujourd?hui ses responsabilités face au problème du diéthylstilbestrol (DES). L?Etat Français a hier continué à autoriser la commercialisation du DES jusqu'en 1977 alors qu'il était déjà interdit aux Etats-Unis en 1971. Aujourd?hui l?Etat Français a les moyens d?aider très rapidement les victimes que nous sommes.

Une lueur d?espoir est en effet apparue dans nos vies de filles exposées in utero au DES quand enfin les parlementaires ont adopté, malgré les réticences exprimées par le ministre de la santé, un article nous concernant dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2005 :

Article 12 bis

Par dérogation aux dispositions prévues par les articles L. 122-26 du code du travail et L. 331-3 du code de la sécurité sociale, les femmes dont il est reconnu que la grossesse pathologique est liée à l'exposition in utero au diéthylstilbestrol (DES) bénéficient d'un congé de maternité à compter du premier jour de leur arrêt de travail dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat.

Cet article de loi représente pour nous en premier lieu un premier pas vers la reconnaissance du problème qui nous touche et également la fin de préjudices financiers importants lors de nos grossesses. La plupart d?entre nous doivent en effet rester alitées tout au long de leur grossesse afin de les mener à leur terme (ou au moins à un terme le plus avancé possible), ce qui implique des pertes salariales très importantes liées à leur arrêt de travail. Nous vous rappelons que nous sommes des victimes et qu?il nous parait vraiment injuste de devoir subir des difficultés financières en plus de toutes les souffrances morales et physiques que nous endurons.

Nous tenons également à attirer votre attention sur le fait qu?il nous est très difficile (voir impossible pour certaines) de prouver notre exposition in utero au DES. Nous n?avons en effet pas ou très difficilement accès aux dossiers médicaux de nos mères (et dans certains cas, ils ont été détruits). Il est indispensable pour nous que seule une attestation de nos gynécologues suffisent à prouver notre exposition in utero au DES.

Malheureusement le décret d?application de cet article de loi n?est toujours pas paru, rendant impossible l?application de ce dernier. Depuis le vote de cet article de loi, l?une de nous a accouché d?une petite fille à 26 semaines de grossesse, une autre s?est vue faire sa huitième fausse couche sur son lieu de travail, une autre encore a perdu son bébé à six mois et demi de grossesse et certaines attendent sagement allongées que leur bébé naisse le plus tard possible.

Ce décret d?application doit donc paraître au plus vite. Chaque jour qui passe voit en effet la liste, déjà trop longue, des échecs s?allonger et, pour les meilleurs des cas, s?allonger également la liste des enfants nés grands prématurés.

C'est pourquoi nous avons lancé une pétition pour soutenir les enfants DES.

Vous trouverez cette pétition à cette adresse internet

http://mdoche.free.fr/Fratwoman.htm

et Myriam sera présente ce we à Paris à la fête de la femme place de la Bastille au stand 12 .

Merci pour votre soutien.