Ce billet fait partie du blog "Le blog de la Rédaction".

Le deuxième grand succès contre le Sida

Publié par Dr Philippe Presles le Vendredi 20 Mai 2011 : 12h09
Mis à jour le Lundi 23 Mai 2011 : 12h10
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Pour la première fois, une étude incontestable sur le plan méthodologique, vient de démontrer que quelqu’un de séropositif qui est mis sous traitement antirétroviral de manière très précoce, peut avoir une vie de couple normale, si les deux partenaires sont d’accord pour accepter un niveau de risque de transmission très faible. Cette démonstration constitue un progrès considérable.

Aujourd’hui, quand quelqu’un est séropositif, on suit son taux de lymphocytes CD4. Ces lymphocytes sont en effet indispensables à une bonne immunité et leur chute signe le syndrome d’immunodéficience du Sida, au même titre que les autres symptômes connus. Selon les recommandations de l’OMS actuelles, on commence le traitement par les antirétroviraux (ARV) quand les CD4 passent sous la barre des 250 par mm/m3 ou quand il existe des symptômes.

Dans cet essai HPTN 052 (nom potentiellement historique), 1763 personnes séropositives et vivant en couple (dont 97 % d'hétérosexuels), ont été incluses dès lors que leur taux de CD4 était compris entre 350 et 550 mm/m3, soit un taux signant une absence d’immunodéficience. Ces personnes ont alors bénéficié d’un traitement par ARV selon deux protocoles :

- la moitié a commencé le traitement dès le début de l’inclusion, alors que leurs taux de CD4 étaient encore élevés, ce qui correspond à un traitement précoce,

- l’autre moitié a débuté le traitement par ARV quand leur taux de CD4 est passé sous la barre des 250 mm/m3, ce qui correspond au schéma classique.

Beaucoup moins de partenaires contaminés

Les chercheurs ont ensuite suivi la sérologie de leurs partenaires afin de comptabiliser le nombre des contaminations dans les couples. Sur les 880 personnes ayant bénéficié d’un traitement ARV précoce, seul un cas de contamination a été comptabilisé, contre 27 cas dans le groupe avec le traitement ARV classique. Autrement dit, le traitement ARV précoce est 27 fois plus efficace que le traitement classique en prévention de la contamination de son partenaire.

Les résultats de cette étude sont exceptionnels, ce qui a poussé les organisateurs à ne pas attendre la fin de l’expérimentation pour faire bénéficier à tous du traitement précoce. L’OMS de son côté a annoncé une adaptation très rapide de ses recommandations pour la généralisation des traitements ARV précoces.

Les retombées de cette étude sont considérables :

- Pour la première fois, nous disposons d’un protocole thérapeutique pouvant réduire de manière très importante le risque de contamination. Sa généralisation permettrait de limiter la progression de la maladie dans le monde en attendant le vaccin.

- Nous disposons ensuite d’arguments pour proposer à tous les séropositifs de commencer un traitement par ARV. Cela implique de multiplier les dépistages dans tous les pays. Cela implique aussi de trouver des solutions de financement pour les pays les plus démunis.

- Les couples sérosdiscordants, dont le conjoint séropositif n’a jamais subi de chute de ses lymphocytes CD4, pourront maintenant demander à leur médecin spécialiste hospitalier, si ce protocole peut leur être appliqué.

Cette étude constitue donc une étape clé dans la lutte contre le Sida. C’est le deuxième grand succès après la découverte des antirétroviraux.

Source : lequotidiendumedecin.fr 13/05/2011

Publié par Dr Philippe Presles le Vendredi 20 Mai 2011 : 12h09
Mis à jour le Lundi 23 Mai 2011 : 12h10
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