anis7
Portrait de cgelitti

Je voudrais déjà remercier avec insistance les personnes qui prendront la peine de lire ce texte, et encor eplus ceux qui prendront la peine et le temps d'y répondre.

Objectivement, je pense que ce topic existe en plusieurs dizaines d'exemplaires. Si je poste ce soir, un nouveau sujet, c'est parce que je ne pense pas pouvoir me comparer aux autres, chaque histoire est différente.

Mon prénom n'importe aucunement, mon âge peut être, je suis à un gros mois de mes 16 ans. Et pour un âge comme celui là, ce qui va suivre peut paraitre normal pour l'adolescence, et triste de ne pas en profiter.

Ca fait longtemps que ça ne va plus. En faite je ne sais pas toujours pourquoi. Je le cache obstinément en présence d'autres personnes, en apparence je suis une fille pleine de vie, souriante et de bonne humeur. Les gens sont toujours étonnés quand ils surprennent une larme qui ruisselle sur mon visage.

C'est pas juste du blabla, je crois que je ne vais vraiment pas bien. Parfois j'ai l'impression qu'on s'acharne sur moi, qu'on me punit. Je dois surement avoir fait quelque chose qui me fasse le mériter. Je suis fatiguée tout le temps, j'ai la motivation pour aucunes de mes occupations habituelles. J'écoute de la musique parce que parfois ça m'aide, même si à l'évidence, ca suffit pas. En cours, impossible de me concentrer. J'ai l'impression d'aller droit dans le mur. Je fais des choix sans en concevoir l'avenir. Je suis en première ES, alors que l'éco ne m'intéresse pas spécialement.J'ai l'impression d'être moins bien que les autres. Je suis inférieure à eux, je commence à l'accepter petit à petit, même si ça me fait très mal. Je suis moins jolie, moins populaire, mois cool, moins intègre, moins... moins bien.

Je ne parle pas de qui je suis réellement aux gens qui m'entourent, ils pensent me connaitre mais je crois être une énigme pour eux. Je n'ai pas besoin d'eux. De parler. Quand on nous demande ce qui ne va pas, ce n'est pas par gentillesse ou compassion, ou si ça l'est, ça ne l'est qu'après avoir été curiosité pure et dure.

Le 8 novembre 2009, j'ai fait une tentative de suicide. J'ai pris des somnifères, d'autres cachets qui trainaient. J'ai été hospitalisée. Soumise à moi même, en isolement pendant 48 heures.

Ma meilleure amie est au courant, et je lui ai dit que ça avait été la plus grosse connerie de ma vie. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que la "connerie" dont je parle, n'est pas d'avoir fait ce que j'ai fait, mais d'y avoir survécu.

Je ne sais pas ce que je suis. Je suis peut etre malade, je sais pas. Je sais plus quoi faire.

Est-ce que quelqu'un saurait me dire s'il s'agit d'une dépression et est-ce qu'il faut que je consulte un médecin, dans le but de suivre un traitement médicamenteux qui pourrait me venir en aide ? Ou est-ce alors simplement une mélancolie qui me sert de trait de caractère ?

J'ai sincèrement besoin de réponses. Les questions me fatiguent le peu de conscience qu'il me reste.

Merci..

geispe
Portrait de cgelitti

salut ! à te lire je penche pour "de la mélancolie liée à la personnalité et au caractère"... mais aussi à deux autres choses encore, qui sont (je m'intéresse aux cycles psychiques humains) la possible période de déprime qui peut précéder les anniversaires chez certaines personnes (donc pas s'en faire) et enfin les diverses préoccupations naturelles liées au passage de l'adolescence... là c'est un peu plus compliqué de résoudre les éventuels soucis... mais c'est souvent une question de réflexion, de patience... d'apprentissage aussi...

pour ce qui me concerne (mon domaine de recherches) je peux te donner entre autre un tuyau très simple dont tu peux tenir compte et qui peut aider : les coups de blues ont tendance à arriver surtout le jour de la semaine où on est né - c'est un cycle naturel que j'ai découvert et l'on peut plus facilement assumer si on le connaît. d'ailleurs tu peux vérifier si ta tentative de suicide n'est pas de ce jour-là, ou du jour à côté... c'est souvent le cas.

pour ce qui est des études, dis toi que les temps sont actuellement très changeants, l'atout principal sera la débrouillardise. bien sûr il vaut mieux étudier un sujet qui nous intéresse mais à défaut il faut s'intéresser à tout et peut-être se trouver un sujet deprédilection en parallèle... il faut également ne pas trop s'inquiéter de nos "passages à vide" car on ne peut pas toujours et en permanence être "sur le pont"....

par contre si vraiment à un moment ou un autre çà va très mal, il vaut quand même mieux consulter un médecin avant de faire une bêtise... celui-ci devrait pouvoir aider à passer le cap...

à +

 

 

liloulala
Portrait de cgelitti

Salut Kierah,

J’ai voulu te répondre car je reconnais un peu ce que j'appellerai ma "phase de dépression" que j'ai eu vers mes 18 ans. Mon père est dépressif nerveux et mes parents ont divorcés à cause de ça à cette période. Cette phase fut à son summum lors de la terminale, mais j’ai toujours eu des tendances dépressive (et non de dépression) durant ma jeunesse (je pleurai parce que je voulais mourir vers mes 5 ans)

J’ai toujours été quelqu'un d'une très grande sensibilité, j'avais à cette période du lycée beaucoup de doutes et énormément besoin d'attention, de savoir que mon existence satisfaisait les gens. Une peur de l'abandon et une impression de n'arriver à rien, de ne pas avoir de la chance. Je perdais mes motivations et ne comprenais plus l’intérêt de tout. J’avais envie de me mettre en pause, en hibernation, de ne pas faire face à ma vie qui ne me convenait pas. Egalement je me sentais moins jolie, moins populaire, moins utile.

Ma meilleure amie était au courant aussi mais je préférai qu'elle fasse comme si de rien n'était pour rester en bon terme avec les autres.

Je pleurai souvent et j'ai beaucoup écrit.

Je pensais au suicide sans vraiment y penser car je n’en été tout simplement pas capable, j’avais trop peur de faire du mal à mon père (cela aurait aggravé son état et alors nuit à ma sœur).

 

Comment ça s'est fini ? Un surplus de souffrance, je n’ai plu voulu continuer ainsi, à quoi bon ? Rien n’évoluait… Alors j'ai tout quitté, mes amis, ma famille. Je me suis « réveillée » quelques jours avant mon bac, j’ai tout révisé la vieille et je l’ai obtenu. Je suis allé faire une année de Fac qui ne m'a pas particulièrement plus. (Je l’ai même abandonné au bout de 3 mois) J'ai découvert des gens d'autres horizons, j'ai découvert l'amour et j'ai beaucoup fait la fête. Ayant mon propre appart j'ai dû apprendre à me gérer seule et cela m'a beaucoup plu et occupé. 

Je me suis rendu compte que dans la vie il faut faire ce qu'on aime et voir le bon côté des choses. Ça parait bête dis comme ça, mais qu'est-ce que ça aide d'en faire sa philosophie ! Avance sans te poser trop de questions, mais renseigne toi bien pour ne rien oublier ! Pour la suite des études, ne te fie pas aux tests d'orientation ou à tes amis. Cherche ce qu'il te plait vraiment, fouille dans ton passé... qu'aimais-tu faire enfant ? Personnellement je me suis rappelé de tous les films expérimentaux que je m'amusais à faire petite et je suis partie en fac de cinéma (après 3 ans dans des études qui ne me plaisaient pas) et je m'éclate. Je me fou de s'il y a des débouchées, j'ai confiance, si c’est ce qui me correspond alors c’est là que je dois évoluer.

Crées toi des projets, renseignes-toi sur les lieux où tu aimerais voyager, qu'elle est la philosophie des habitants de ces lieux ? Inscris-toi dans des associations qui te plaisent, ça aide à se sentir utile et à être fier de soi.

Dis-toi que tu es encore assez jeune pour faire des erreurs, qu'il y aura toujours tes parents pour te suivre (du moins un minimum). Que tu peux te tromper de voix, que la société d’aujourd’hui nous pourri sous des multitudes de choix qu’on ne peut pas toujours assumer.

Ne te renfermes pas sur tes idées, évacues les avec du sport, l'écriture, une activité artistique (je dessinais lors de mes crises de nerfs, cela créait des dessins très expressif) et si tu les partages à autrui fait attention de ne pas le faire trop : ne t'enferme pas dedans, ne te complet pas dans ton malheur ! Personnellement je m’y sentais bien, c’était devenu ma technique pour vérifier à quel point je comptais pour les autres, c’était facile et je me détruisais consciemment !

Après je suis consciente que c’est un énorme effort à faire ! Vouloir changer, comprendre que les idées noires sont notre propre création, notre propre arme de destruction c’est pas simple. Admettre qu’on est les seuls à pouvoir se « guérir » profondément est important, il y a un véritable déclic à avoir. J’ai eu ce déclic seule, puis on m’a aidé à l’alimenter (le grand amour il y a 1 an et demi).

Ai confiance en toi tout le monde a le droit au bonheur...

Soit optimiste mais pas exigeante, réjoui toi le plus simplement possible, comme disait Bernard ("le grand obstacle au bonheur, c'est de s'attendre à un trop grand bonheur").

Intéresse toi à ton monde, cultive toi, cela permettra de t’ouvrir à d’autres choses et aussi de te sentir exister et avoir confiance en ta valeur.

Tout est toujours encore à prouver, jour après jour,  chaque nouvelle peine n’est pas une raison de s’apitoyer et de se bloquer soi-même mais plutôt de se donner un nouveau défi ! Tout faire pour régler un souci occupe, apprend le monde et fait grandir !

J’ai encore des moments où tout retombes, mais je me rappelle que ça passe et que je sourirai demain, alors je m’autorise un temps « triste », je reste chez moi je regarde un film et le lendemain tout va bien.

Si t’es capable d’accepter que tu peux changer ta façon de voir les choses, c’est presque gagné ! C’est possible, j’en suis maintenant certaine.

Je te conseil de lire par exemple Le sens de la vie ou le Bonheur du Daïla lama sont des livres qui m’ont fait beaucoup réfléchir sur les soucis que l’on se rajoute tout seul, ou encore L’ère du vide de Gilles Lipovetsky qui traite des comportements de notre société suite à notre évolution dans le narcissisme.

(au passage m’a meilleure amie a vécu une époque très semblable qu’elle m’a avoué que bien plus tard, et aujourd’hui je pense qu’elle est encore plus heureuse que moi ! C’est un passage très courant à ton âge à notre époque, c’est peut-être la société qui veut ça, ce qu’il faut c’est ne pas se laisser aller et plonger dedans, il y a trop de belles choses à voir qu’on ne voit que s’il l’on se veut heureux)

 

Voilà, peut-être que je ne t’aurai pas bien comprise ou aidé, mais je tenais à essayer de faire passer ce message. Je peux aussi répondre tes questions s’il y en a.

 

Je te souhaite tout le courage possible, il ne faut que ça !

Kierah
Portrait de cgelitti

Merci infiniment pour votre réponse. Même si j'ai l'impression de ne pas avoir été très bien comprise par la pronfondeur et l'intensité actuelles de ma douleur, j'espère que vous avez raison. Néanmoins j'ai de forts doutes. J'ai l'impression d'être en chute libre la tête la première dans un trou noir, aussi obscur que malsain, qui m'attire vers le fond du fond...

Enfin je vous remercie réellement pour votre intervention.

anis7
Portrait de cgelitti

je te comprends tres bien,c'est 1 douleur psychique que ne peut comprendre celui qu'il l'a eu,tres difficile à guerir,les gens ne comprennent pas,si tu n'a pas 1 cancer ou cardiaque ect..les gens ne prennent pas la depression pour 1 maladie,qui,pourtant fait aussi mal que ceux precedemment cités

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