Ce billet fait partie du blog "Le blog de la Rédaction".

Dépression : guérir et ne pas rechuter grâce aux TCC

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 17 Décembre 2012 : 11h12
Mis à jour le Lundi 17 Décembre 2012 : 14h48
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Pourquoi, face à un même événement pénible ou à la même catastrophe, certains feront une dépression et d’autres pas ? C’est que chez les uns ce type de circonstance entraîne des idées négatives, des ruminations, qui font le lit de la dépression.

Les thérapies comportementales et cognitives ou TCC, constituent alors une approche thérapeutique très efficace en permettant de travailler sur les pensées, la façon de les vivre et sur la façon d’être.

Les TCC diminuent par 2 le taux de rechute et doublent les taux de guérison à 6 mois.

Dépression : une vulnérabilité psychologique

Si vous avez déjà été déprimé(e) dans votre vie, le vécu d’un simple épisode triste, ou d’un stress, peut vous faire revivre les mêmes pensées négatives qui vous avaient fait souffrir à l’époque.

C’est ce qu’on appelle la vulnérabilité psychologique, qui amène ceux qui en sont victimes à ruminer sur leurs problèmes, ce qui renforce encore leur tristesse et les entraîne dans un véritable cercle vicieux.

Cela expliquerait pourquoi les taux de rechute en cas de dépression sont si élevés, même après un traitement antidépresseur bien conduit.

Apprendre à accepter la tristesse et à ne plus ruminer

Les thérapies comportementales et cognitives, ou TCC, ont donc toute leur place dans le traitement de la dépression.

On savait déjà qu’elles divisent par 2 le taux de rechute. On sait maintenant, grâce à une nouvelle étude du Lancet, qu’elles doublent le taux de succès chez ceux qui étaient résistants au traitement classique par antidépresseurs seuls.

En pratique, les TCC vont apprendre au patient à modifier ses schémas dysfonctionnels en lui montrant comment :

  • Ne pas vouloir à tout prix effacer toute pensée négative, mais à empêcher leur enracinement,
  • Reconnaître ce qui entretient ces pensées négatives comme le pilotage automatique (je laisse tomber un verre, donc je suis nul, etc.), les tentatives de trouver les solutions à tout, le monitoring constant entre ce que l’on a et ce que l’on veut, etc.
  • Cesser de vouloir éviter la tristesse à tout prix à force de chercher le bonheur.

    Comprendre que le bonheur et la tristesse se succèdent comme le soleil après la pluie,

  • Apprendre à vivre ses émotions de manière plus sereine,
  • Renforcer son estime de soi.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 17 Décembre 2012 : 11h12
Mis à jour le Lundi 17 Décembre 2012 : 14h48
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