A dépister : 200.000 personnes infectées par le virus de l'hépatite C s'ignorent !

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 18 Juin 2001 : 02h00
Alors que 600.000 Français seraient infectés par le virus de l'hépatite C, dont 200.000 l'ignoreraient encore, l'incitation au dépistage est plus que justifiée. La décision d'une nouvelle campagne par les pouvoirs publics a été confortée notamment par l'arrivée de traitements plus efficaces (bithérapies, nouvel interféron). Les principaux messages de cette opération sont très clairs : « Hépatite C : se faire dépister, c'est pouvoir se soigner », « Vous ignorez tout de l'hépatite C. La preuve, c'est que vous ne savez pas que l'on peut en guérir ».

Depuis le 15 juin 2001, Bernard Kouchner, Ministre délégué à la Santé, a lancé une campagne pour le dépistage de l'Hépatite C en association avec la caisse Nationale d'Assurance Maladie (CNAMTS) et le Comité Français d'Education pour la Santé (CFES). Chaque année, cette maladie est responsable de 3.200 décès par cirrhose et 2.000 décès par cancer du foie. Le virus de l'hépatite C se transmet par contact sanguin, voire par contact sexuel. Aujourd'hui, près de 200.000 personnes ne se savent pas infectées. Le monde médical étant actuellement en mesure de leur offrir une chance de guérison grâce à la bithérapie, il est nécessaire de redoubler les efforts afin de dépister ces personnes.

Un dépistage relativement bien ciblé

Sans être généralisée, cette campagne de dépistage s'adresse plus particulièrement aux sujets à risque que sont :

  • les personnes ayant reçu des produits sanguins ;
  • ayant bénéficié d'une greffe ;
  • les dialysés ;
  • les enfants nés de mère contaminée par le virus de l'hépatite C ;
  • toutes les personnes ayant à un moment ou à un autre, utilisé de la drogue par voie intraveineuse ;
  • le ou les partenaires d'une personne contaminée par le virus de l'hépatite C ;
  • les personnes ayant été incarcérées ;
  • les sujets ayant subi un piercing ou un tatouage sans l'utilisation de matériel à usage unique ;
  • les personnes ayant des transaminases élevées sans cause identifiée ;
  • celles ayant séjourné dans des pays à forte endémicité : Afrique, Amérique latine, Asie du sud-est.

Une campagne de presse régionale et nationale accompagne cette opération, qui sera amplifiée en septembre et en octobre par une campagne radio. Des documents destinés au grand public relayeront l'information.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 18 Juin 2001 : 02h00
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