Dépistage précoce du sexe du bébé à naître : c'est possible en Angleterre, pas en France

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 18 Juin 2007 : 02h00
-A +A
Connaître très tôt le sexe de son bébé, dès la 6e semaine de grossesse, est désormais possible en Angleterre grâce à un test génétique qui vient tout juste d'être commercialisé dans ce pays. En revanche, en France, cette pratique n'est pas autorisée et ne le sera pas !

Commercialisation d'un test génétique en Angleterre

La situation peut être résumée comme suit : l'Angleterre vient d'autoriser la commercialisation d'un test de dépistage génétique permettant de connaître très tôt, dès la 6e semaine de grossesse, le sexe du bébé à naître. Parallèlement, les responsables de l'Agence de la biomédecine indiquent qu'en France, cette pratique ne sera pas autorisée sur son sol

La loi l'interdit en France

Le sexe du bébé est généralement dévoilé au 4e mois de grossesse lors de la 2e échographie dite de morphologie. C'est la seule façon en France de connaître le sexe d'un bébé avant sa naissance. En effet, le dispositif législatif français en vigueur depuis 1994, interdit le diagnostic biologique prénatal du sexe de l'enfant en dehors de certaines indications médicales, notamment lorsqu'il existe un risque avéré que les parents transmettent une maladie génétique. Le test se réalise alors dans des centres spécialisés placés sous le contrôle de l'Agence de biomédecine. Et dans ces conditions, le test est entièrement pris en charge par l'Assurance maladie. Le test qui vient d'être autorisé en Angleterre pose problème car il peut conduire à des avortements, uniquement motivés parce que le bébé n'a pas le sexe souhaité. Cette situation est déjà tellement répandue dans des pays comme l'Inde ou la Chine qu'il serait regrettable qu'un tel test facilite ce type de pratiques. Le test en question a été mis au point par la société américaine DNA Worlwide. Aux États-Unis, il est déjà commercialisé depuis deux ans et n'est pas considéré comme un diagnostic médical. Son principe est simple, il consiste à rechercher dans le sang maternel la présence d'ADN foetal caractéristique du chromosome Y, ce qui signe le sexe masculin, et à défaut, on conclut au sexe féminin. La fiabilité de cette méthode est annoncée à 99% par la Société américaine, qui s'engage aussi à rembourser le test en cas d'erreur.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 18 Juin 2007 : 02h00
Source : Le Monde du 24 mai 2007.
A lire aussi
Le diagnostic pré-implantatoire Publié le 30/06/2003 - 00h00

Le diagnostic pré-implantatoire (DPI) est un examen génétique réalisé sur un embryon humain obtenu par fécondation in vitro (FIV). Il est pratiqué au tout début du développement de l'embryon lorsque celui-ci n'est âgé que de 3 jours et n'est constitué que de 6 à 10 cellules : une ou...

Plus d'articles