Crise cardiaque : tabac et pollution, un cocktail explosif

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 24 Décembre 2003 : 01h00
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Les hospitalisations sont plus nombreuses les jours de pollution. Qu'en est-il du risque cardiovasculaire durant ces périodes ? Selon une étude dijonnaise, le nombre d'infarctus du myocarde s'accroît de 160% lorsque l'air est de mauvaise qualité, tandis que ce chiffre atteint les 250% chez les fumeurs.

La pollution atmosphérique est dangereuse pour l'appareil respiratoire, mais également pour le coeur puisqu'elle augmente à court terme le risque de faire une crise cardiaque. Celui-ci est encore plus important chez les fumeurs.

Ce constat provient d'une enquête menée dans l'agglomération dijonnaise, ayant porté sur 322 patients hospitalisés entre janvier 2001 et décembre 2002. La qualité de l'air a notamment été évaluée grâce à l'indice ATMO (mesure des concentrations particulaires : SO2, microparticules, NO2 et ozone), allant de 1 à 6, le maximum désignant une très mauvaise qualité atmosphérique. Durant 85% de la période analysée, cet indice est resté inférieur à 4 et a dépassé 6 pendant 5% du temps étudié, soit environ 18 jours par an.

Les auteurs constatent ainsi une hausse de 161% du nombre d'infarctus du myocarde dans la population générale et de 250% chez les fumeurs lors des jours de forte pollution. Parallèlement, le nombre d'hospitalisations pour crise cardiaque s'est accru de 91%, ce taux étant fortement majoré chez les fumeurs. Les pics de pollution jouent donc un rôle flagrant dans le déclenchement des attaques cardiaques, et les fumeurs sont davantage exposés.

Quelles sont les particules les plus dangereuses ?

Visiblement, une hausse de 10mcg/m3 des particules de fumée ou de 10g/m3 de SO2 s'accompagne d'une augmentation respective de 4% et 5% des décès d'origine cardiaque. Mais l'oxyde de carbone (CO) est bien plus nocif puisqu'une hausse de 10 unités se traduit par une élévation de 46% de la mortalité cardiovasculaire. La principale source de CO est la pollution automobile, laquelle ne cesse de s'accroître, parallèlement à la mortalité cardiovasculaire.

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 24 Décembre 2003 : 01h00
Source : Cession American Hearth Association, travaux du Dr Yves Cottin, cardiologue au CHU de Dijon, communication de Clotide Royer, décembre 2003.
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