Consultation chez le médecin : les Français découragés par les délais d’attente

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 20 Novembre 2014 : 10h06
Mis à jour le Jeudi 20 Novembre 2014 : 11h16

Après les coûts des consultations et des traitements, et le faible équipement en appareils IRM, c’est au tour des délais d’attente pour obtenir un rendez-vous chez le médecin qui freinent les Français pour se soigner.

© Istock

Des délais d’attente dissuasifs

Les délais d’attente pour consulter un spécialiste sont déjà bien connus. Il faut compter en moyenne 111 jours pour voir un ophtalmo, 57 jours pour un rendez-vous chez le gynécologue, 50 jours pour rencontrer un dermatologue, 42 pour un cardiologue et 27 pour un dentiste (3e Observatoire sur l’accès aux soins, cabinet Jalma).

Moins connu est le délai pour obtenir un rendez-vous chez son médecin traitant ou tout autre médecin généraliste de proximité. Il faut compter en moyenne 6 jours, un délai jugé trop important pour de nombreuses familles.

A l’hôpital, l’attente est un peu moins longue mais reste conséquente : 81 jours pour un ophtalmologue, 56 pour un dermatologue ou un rhumatologue, 45 jours pour un cardiologue ou un gynécologue.

Selon un sondage Ifop réalisé pour le cabinet Jalma, six Français sur dix, soit 64% déclarent avoir déjà renoncé à se faire soigner en raison des délais, alors que le coût n’est cité comme le premier frein aux soins que par 46 % des personnes interrogées, tandis que 32 % évoquent l'éloignement géographique. C’est ainsi qu’une personne sur trois s'est déjà rendue aux urgences faute d'un rendez-vous en ville.

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Pourquoi un tel allongement des délais d’attente ?

Globalement, ces délais n’ont cessé de s’allonger depuis 2011, en ville comme l’hôpital. Depuis 2012, le temps d’attente a grimpé de 16% en ville et de 22,5% à l’hôpital. Mais pour les généralistes, c’est une hausse de 50% !

Les raisons sont diverses : déserts médicaux, non remplacement des départs en retraite, nouveaux horaires des permanences médicales, augmentation de la demande inhérente au vieillissement de la population, diversification des soins (plus d’esthétique pour les dermatologues, de tabacologie pour les généralistes, d’alcoologie, de diététique…).

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 20 Novembre 2014 : 10h06
Mis à jour le Jeudi 20 Novembre 2014 : 11h16
Source : Enquête Ifop, novembre 2014. 3e Observatoire sur l’accès aux soins, cabinet Jalma. Les Echos.fr, 19 novembre 2014.
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