MarilyneD
Portrait de cgelitti

Mon ami d une trentaine d annees a été diagnostiqué schizophrène en 2004 et je ne l ai su que très récemment par sa famille. Cela fait plus de cinq ans que l on s aime. En 2005, il a arreté tout traitement, persuadé qu'il n en avait pas besoin et qu'il se sortirait tout seul de cette "déprime". Il ne se soigne donc pas. Ce sujet a toujours été tut et depuis que ses parents, désemparés à ce moment la, m'en ont avertie, rien n'a été fait et peronne n'a osé lui en reparler. A ce jour, je vous demander de m'éclairer, à partir de vos expériences car je ne sais plus si effectivement il peut souffrir de schizophrénie ou de troubles psychiques véritables ou bien tout simplement s'il n' y a rien de tout cela.

Je ferai donc preuve d'un maximum d'objectivité dans ma description. Je vous parle d'abord des choses qui m'inquiètent:

-En 2004 il a été interné en HP car il avait l'impression que son corps se transformait et queses organes mutaient. Il planifait de se suicider. Un jour il m'a confié avoir très peur de revivre cette expérience car avait cru devenir fou. C est la raison pour laquelle il essaye d'éviter tout type de stress.

-L'année dernière il m'a tenue des propo violents et qui ne lui ressemblaient pas par sms. Il s'estexcusé le lendemain en me disant qu'"unautre parlait à sa place".

-Il éprouve parfois de fortes crises d'angoisses pendant lesquelles il ne voit plus le sens de sa vie et dit qu'il lui tarde qu'elle s'arrete.

-Il surveille son alimentation de façon draconienne chez lui et alterne avec une sorte de boulimie de nourriture lorsqu'il sort ou est en vacances.

-Il a plein d'habitude de vie très strictes et s'impose des rituels quotiiens qui laissent peu de place à la fantaisie.

-Ila besoin tous les jours de faire une sieste et de dormir tout de suite lorsqu il se sent mal.

-Chaque année à l'automne, il veut etre "abstinent" et me parle du sexe "sale" et avilissant. je représente alors "l'enfer", la "tentation" à laquelle il doit échapper car pour lui, "notre amour est impossible" (en raison du fait que je sois mère d'un enfant qui n'est pas de lui et qui "devra quitter mon foyer avant que l on puisse se retrouver" et mener tous les deux une relation normale ). C'est à ce moment là qu'il ne supporte plus de me voir, me rejette au moyen de mots cruels et est capable d'entrer dans le silence total pendant des semaines. Ces périodes annuelles sont plus ou moins longues. Il n'y a pas de constance et il dit se sentir "divisé" sans arret à mon égard.

-Avec ses parents il est soit complètement fusionnel, soit dans le rejet également. Dans les périodes ou il fusionne et s'y réfugie, il les domine intégralement et eux accèdent au moindre de ses désirs et se conforment à ses habitudes de vie et à ses gouts.

-Il a du mal avec la tendresse. Il fait parfois montre de grande indifférence. Il peut etre d'un jour à l'autre extrèmement froid, distant, dénué d'émotion, bref, méconnaissable. Tout glisse sur lui.

-Il éprouve tout à coup de grands engouement pour un loisir ou des personnes mais finit toujours par arreter, un loisir ou une personne en remplaçant un autre. Il n'a pas d'ami véritable car il n'est pas tolérant ou prete au bout d'un certain temps aux gens des intentions mauvaises envers lui, intentions qu'ils n'ont pas forcément.

Voila maintenant les cotés de sa peronnalité, entre autres choses, qui me font parfois douter qu'il soit malade, sachant que dans certains domaines, il semble ne pas rencontrer de difficulté. En effet, il a une apparence tout a fait "comme tout le monde", sait rentrer dans des discussions qui l'intéressent pour donner son avis. Réalisant qu'il a besoin de concret, il fait tout ce qu'il peut, meme si cela reste superficiel, pour créer des relations avec les autres en faisant par exemple des sorties avec OVS...( son nouvel engouement depuis peu). Il est aussi capable de réussir sur le plan professionnel et de se concentrer sur l'étude de sujets scientifiques pointu et spécialisés (par exemple, ne supportant plus le stress su métier à responsablilité qu'il exerçait avant, il a trouvé la force de reprendre ses études et de les réussir haut la main). De plus, jamais lui meme n'a évoqué explicitement la schizophrénie. Il m'a dit, un jour, etre conscient du fait que certaines pensaient qu'il devait consulter, mais que lui n'en ressentait pas du tout le besoin et se sentait très bien. Alors lorsqu'il me rejette, cela me déchire le coeur à chaque fois. Et, à ce moment la, je me damande donc si le problème ne viendrait pas de moi, à savoir, simplement, comme il le dit, je ne serait qu'un "amour impossible". Je me dis aussi que,peut etre, il s'agit de quelqu'un d'égoiste ou qui ne m'aime pas. Alors je ne sais plus que penser car ces éloignements sont cycliques.Cela fait cinq ans quenous nous aimons très fort mais chaque année, il finit par se replier le plus loin possible de moi. L'année dernière, ila choisi d'etre affecté à l'autre bout de la France, me disant que ses angoisses venaient de moi, que j'étais un facteur de stress, le déclancheur de ses peurs et de ses troubles et que donc il ne pouvait rien faire de notre histoire. Puis on s'est retrouvés à nouveau. A chaque fois que cela arrive, il s'adonne à tout ce qui lui permet de me mettre entre parenthèse, de ne plus penser et d'avoir une vie avec des tas d'activités pour se persuader que tout va bien et que tout est "normal". Je finis alors,moi aussi, par y croire et par me dire qu'il n'a pas de souci puisqu'il est capable de faire tout ça.

Je vous remercie donc du fond du coeur, vous qui me lisez, de bien vouloir m'éclairer un peu quant à la supposée maladie dont souffrirait celui que j'aime parce qu'autour de lui, ses proches s'en inquiètent énormément mais uniquement très ponctuellement. Ils oublient parce qu'à chaque fois qu'il revient vers eux, ils sont rassurés. Je ne sais plus quoi croire puisque tout est tut et que tout le monde fait comme si de rien n'était. Et si le diagnostic des psychiatres datant d'il y a des années s'avérait etre le bon, que puis je y faire moi? Dois je lui en parler et de quelle façon ou bien est ce à ses parents de le faire? Surtout comment réagir quand il est en crise et qu'il me rejette? Comment faire pour qu'il comprenne, à ce moment la, que je ne suis pas à l'origine de toutes la souffrance et que ça me fait très mal à moi aussi de vivre ainsi? Peut on vivre une vie affective normale et heureuse lorsque l on se soigne et que l on est schizophrène? Peut on réellement aimer quelqu'on lorsque l on est schizophrène? S'il ne se soigne pas, est ce une maladie qui va évoluer ou bien va t il rester comme ça? Et sans traitement, qu'est ce qu'il se passe dans leurs tetes, qu'est ce qu ils ressentent au fond d'eux? Est ce qu'il est possible de nier toute une vie en alternant moments d'angoisse profonde et périodes de bien etre relatif? Peut on s'habituer à cette souffrance? C est ce qu'il me dit lui: "Depuis toujours j ai l'habitude de vivre avec alors..."

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