Comment faire sans le Di-Antalvic ?

Publié par Louise Castillon, journaliste santé le Lundi 19 Octobre 2009 : 02h00
Mis à jour le Vendredi 22 Octobre 2010 : 13h59
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Et pourquoi faire sans ? À côté de l'annonce du retrait du médicament se profile une issue encore incertaine qui permettrait une prescription encadrée...

Mauvaise nouvelle pour les huit millions d'utilisateurs français du Di-Antalvic en prévision de son retrait, acté par l'Agence européenne du médicament (EMEA) et contre l'avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Apprendre à changer ses habitudes pour soulager ses maux, une gageure quand le choix en matière de prise en charge de la douleur reste restreint. Les médecins vont avoir la difficile tâche d'aiguiller leurs patients vers un nouveau traitement adapté. Il leur restera peut-être la possibilité de continuer à administrer du Di-Antalvic pour les malades ne se satisfaisant pas des solutions de substitution au Di-Antalvic.

Di-Antalvic et risque de surdosage

La décision de l'EMEA de retirer le Di-Antalvic du marché a été motivée par le taux élevé d'intoxication en Angleterre et en Suède. Le médicament a disparu des pharmacies pour ces deux pays à partir de 2005. En France, les chiffres de surdosage sont moindres. Parmi les hypothèses possibles, la présentation du médicament. 'En Angleterre, le médicament est vendu en flacon, ce qui facilite la prise massive de Di-Antalvic, explique le docteur Anne Castot, responsable du service de l'évaluation et la surveillance du risque et de l'information sur le médicament à l'AFSSAPS. En France, il est mis sous blister.' Les risques liés aux tentatives de suicide par Di-Antalvic restent rares côté français, qui préfèrent, de loin, l'utilisation des benzodiazépines. Quant au surdosage, il existe comme pour n'importe quelle prescription de médicaments.

Efficacité du Di-Antalvic est-elle en cause ?

Les détracteurs du Di-Antalvic prendront comme excuse que l'efficacité de l'association du dextropropoxyphène et du paracétamol n'a pas été démontrée. Et pour cause… Le médicament, mis sur le marché depuis 1964, a été l'objet de peu d'études qui s'appuient sur les critères actuels pour évaluer son efficience. Pourtant, les huit millions de malades qui ont recours au médicament ne peuvent que témoigner de son efficacité. La prise en charge de la douleur, notamment pour les maladies chroniques, relève souvent du parcours du combattant. Il faut du temps pour trouver un traitement adapté qui convienne et provoque peu d'effets secondaires. 'Bien souvent, avant de trouver le médicament qui va vous soulager, vous passez quelques mois, voire quelques années à tâtonner et votre médecin est là pour vous accompagner', souligne Martine Chauvin, présidente de l'Association Francophone pour Vaincre les Douleurs qui aide les malades à trouver des informations fiables sur la prise en charge de la douleur et à les aiguiller sur des structures adaptées à leurs besoins.

Publié par Louise Castillon, journaliste santé le Lundi 19 Octobre 2009 : 02h00
Mis à jour le Vendredi 22 Octobre 2010 : 13h59
Source : Côté santé
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