Comment expliquer l'absentéisme scolaire ?

Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 03 Septembre 2007 : 02h00
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Le nombre d'enfants qui « sèchent » les cours a beaucoup augmenté. Et il ne concerne plus seulement certains enfants en difficulté, mais se répand même chez les bons élèves. Aujourd'hui, 5 % des élèves, tous établissements scolaires confondus, sont touchés par le phénomène, un peu plus important dans les lycées professionnels.

Est-ce par manque de motivation que les élèves sèchent l'école ?

La période des cancres classiques qui font joyeusement l'école buissonnière semble révolue. Cette transgression qui pouvait sembler relativement normale a changé. Aujourd'hui, les élèves qui s'abstiennent de venir en cours ont plutôt le blues. Ils estiment que l'école est mortellement ennuyeuse, et complètement inutile puisqu'elle les mène vers un diplôme qui ne leur ouvrira aucun horizon. Leur motivation à venir en cours est donc totalement absente.Ainsi, même les bons élèves peuvent exprimer cet ennui, ce manque de motivation profond. Ce qui a changé, c'est que l'école est obligatoire plus longtemps. Quand elle n'était pas obligatoire jusqu'à 16 ans, de nombreux enfants sortaient du système scolaire très tôt. Et un grand nombre d'entre eux regrettaient amèrement de ne pouvoir poursuivre leurs études, les percevant comme une chance inestimable. Et c'est encore le cas dans beaucoup de pays peu développés où les enfants ne rêvent que d'une chose : aller à l'école pour un avenir meilleur. Quand aller à l'école devient impossible, voire interdit par les parents, on peut penser que cela devient bien plus désirable.

Les élèves s'estiment capables de juger de l'intérêt de l'école

Ce qui a changé, c'est aussi que les élèves s'estiment aujourd'hui capables de juger de l'intérêt de l'école. S'ils pensent qu'elle est inutile, ils n'imaginent pas qu'ils puissent se tromper dans leur jugement. Or, l'on sait que des études plus longues sont la meilleure protection contre le chômage plus tard. Elles sont aussi le meilleur passeport pour un métier intéressant. Et puis, ils se trompent sur un point très important : c'est que, dans n'importe quel métier, une partie de votre travail n'est pas intéressante. Vous êtes même pris dans toutes sortes de contraintes. Vous êtes obligé de remplir de la paperasse, de composer avec des collègues fatigants, de planifier des tâches plus ingrates, de travailler des jours où cela ne vous arrange pas, de faire des déplacements qui vous éloignent de ceux que vous aimez Même si vous adorez votre métier, la vie n'est pas comme dans les films, palpitante à chaque instant. Et même si les enseignants se donnent du mal pour intéresser leurs élèves à la matière qu'ils enseignent, apprendre, c'est fatigant, c'est parfois ennuyeux, souvent difficile, même quand c'est source de grands plaisirs. Et il existe des matières qui ne vous passionnent pas, même si, en vous accrochant, vous serez heureux par la suite d'avoir appris des choses nouvelles. Pour les élèves, apprendre à supporter une certaine dose de négatif est important pour la vie qui les attend. Dans l'emploi qu'ils prendront un jour, quel qu'il soit, personne ne leur garantit un travail passionnant, utile et plein d'intérêt. Et s'ils ne sont pas capable de supporter les contraintes de cet emploi, vous ne pourrez pas le garder.

Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 03 Septembre 2007 : 02h00
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