Comment donner des conseils ?

Publié par Dr Catherine Solano le Mercredi 31 Mars 2004 : 02h00
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Quand une personne que nous aimons ressasse ses soucis, nous voulons lui donner notre avis. Fais ceci, fais cela… Cela part d'un bon sentiment : apporter de l'aide à quelqu'un qui en a besoin. Mais nous sommes souvent très déçus. Les conseils sont mal reçus, mal perçus, pas écoutés, pas adoptés ! Alors comment faire pour bien donner ses conseils ?

Tout d'abord, savoir qu'un conseil ne doit jamais être donné pour être suivi ! Cela peut paraître paradoxal, mais c'est ainsi. Celui qui reçoit doit rester libre d'écouter, de penser et de décider lui-même. Sinon, le conseil ne sera pas perçu comme tel, mais comme un ordre. Et un ordre, ça donne plutôt envie de se rebiffer !

Un conseil doit être donné comme un avis personnel. À mon avis, la solution, c'est ça. Ou si j'étais à ta place, je crois que je réagirais ainsi. Cela relativise le conseil, il est le point de vue d'une personne, un autre éclairage, mais pas forcément l'unique voie à suivre. Dans ce cas, vous faites cadeau de votre point de vue, vous permettez à l'autre de regarder différemment la situation, de prendre de la distance. Et ça, ça l'aide.

Un conseil bénéfique doit être expliqué. Un adolescent qui ne sait pas choisir sa voie : toi qui aime les enfants, pourquoi tu ne deviendrais pas enseignant ? L'essentiel ici n'est pas forcément l'idée de devenir enseignant, mais de mettre l'accent sur un point positif et de lui dire : et si tu utilisais une de tes capacités ? Peut-être qu'il deviendra pédiatre, mais vous l'aurez aidé quand même !

Un conseil doit ouvrir la prison de l'autre. S'il se débat dans une situation difficile, c'est bien qu'il est enfermé dans des idées reçues, des limites invisibles. Votre conseil doit lui ouvrir une porte, une fenêtre, une issue. Pas lui imposer une direction inévitable. Sinon, il continue à se sentir en prison. De la part de celui qui conseille, l'humilité est indispensable : vous n'êtes pas à la place de l'autre, vous n'avez pas son caractère, vous ne connaissez pas toute son histoire, ni les tenants ou les aboutissants de ses actions, vous ne vivez pas avec son entourage. Alors, même s'il fait le contraire de vos conseils, ils lui auront peut-être été utiles !Pensez toujours aussi à ajouter : c'est toi qui choisis C'est toi qui sais Tu es le seul à savoir ce qui est bon pour toi.

Et pour finir, le conseil idéal est une ouverture qui devrait en ouvrir encore d'autres ! « Je te donne ce conseil, mais il existe certainement mille autres solutions auxquelles nous n'avons pas pensé » Cette idée stimule les capacités de l'imagination, de l'intuition, de l'intelligence à trouver des voies qui n'apparaissent pas à première vue. Et l'une de ces voies sera peut-être la bonne

Publié par Dr Catherine Solano le Mercredi 31 Mars 2004 : 02h00
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