Ce billet fait partie du blog "Le blog de la Rédaction".

Comment devenir obèse sans le faire exprès ?

Publié le Vendredi 27 Août 2010 : 13h39
Mis à jour le Mardi 05 Octobre 2010 : 12h39
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Nous sommes nombreux à prendre du poids sans le vouloir, même en faisant attention à notre régime, en ne mangeant pas trop, en se privant un peu de temps en temps. Mais les kilos semblent insensibles à nos efforts. Une explication pourrait venir de nos gènes qui ne supportent pas tout ce que nous mangeons…

La nature est têtue et quand nous sommes programmés pour une certaine alimentation, elle nous fait payer nos écarts. Ce pourrait être la morale de cette expérience réalisée sur des souris par des chercheurs du CNRS. Les chercheurs sont partis du constat que nous avons bouleversé notre alimentation depuis la dernière guerre. Nous ne laissons plus nos animaux d’élevage manger de l’herbe ou de la luzerne, mais nous leur imposons des granulés à base de maïs et de soja. Vu de l’extérieur, les vaches d’aujourd’hui ressemblent toujours à des vaches, mais vu de l’intérieur tout change…

En effet, leur chair naturellement équilibrée en acides gras oméga-3 et oméga-6, se trouve, à force de maïs et de soja, très riche en oméga-6, puisque maïs et soja sont eux-mêmes très riches en oméga-6. Beaucoup trop riche. Les oméga-3 et les oméga-6 sont en effet des lipides indispensables que les animaux et les humains doivent trouver dans leur alimentation car ils sont incapables de les synthétiser. Dans une alimentation équilibrée le rapport entre les oméga-3 et les oméga-6 va de 1/1 à 1/5, soit un oméga-3 pour 1 à 5 oméga-6. De ce fait la nature nous a dotés d’une seule enzyme pour métaboliser les deux acides gras, ce qui est bien suffisant normalement. Mais quand dans notre alimentation, ce ratio passe à 1/15 comme en France ou à 1/40 comme aux Etats-Unis, rien ne va plus : notre enzyme est débordée par les oméga-6 et ne se consacre qu’à eux…

Autrement dit, en mangeant des animaux que nous avons nourris avec des céréales riches en oméga-6 comme le maïs et le soja, nous ingérons nous-mêmes trop d’oméga-6. Il en est de même quand nous cuisinons avec de l’huile de tournesol ou d’arachide, également trop riches en oméga-6. Idem pour les plats cuisinés industriels ou les margarines à base de tournesol, etc.

Notre alimentation a été révolutionnée, soit. Mais qu’est-ce que cela change vraiment ? Outre qu’il a été montré que les déficits en oméga-3 se traduisaient par plus d’infarctus, de cancers, de maladies d’Alzheimer, etc., les chercheurs du CNRS ont voulu savoir, sur des souris, si cela changeait aussi notre poids. Ils ont donc suivi deux groupes de souris, ingérant quotidiennement les mêmes quantités de calories, le premier groupe suivant un régime équilibré en oméga-3 et 6, le deuxième suivant un régime de type occidental, très déséquilibré en oméga-6. Le résultat est terrible : en quatre générations, les souris au régime occidentalisé étaient devenues obèses. Autrement dit, de parents à enfants, leur poids a régulièrement augmenté jusqu’au stade de l’obésité atteint seulement en 4 générations.

Cette expérience nous confirme que l’expression de nos gènes dépend de ce que nous mangeons, et que cette expression génétique passe de génération en génération. Elle nous confirme aussi que si l’on veut perdre du poids, il ne suffit pas de manger moins, il faut aussi manger mieux.

En pratique, cela veut dire :

- manger des légumes, dont des légumes verts, les plus riches en oméga-3

- utiliser de l’huile de colza ou de noix, riches en oméga-3 (ou d’olive qui est neutre mais très riche en vitamines)

- manger du poisson riche en oméga-3

- bien choisir sa viande, son lait et ses œufs, en préférant les filières bio, ou mieux, les filières au label Bleu-Blanc-Cœur dont les animaux reçoivent une ration quotidienne de 5% de graine de lin, l’aliment le plus riche en oméga-3

- bien lire les étiquettes. Par exemple entre une boîte de sardines à l’huile de tournesol, d’olive, ou de colza, ne pas prendre celle à … Vous avez compris.

- limiter au maximum les plats cuisinés industriels, les viennoiseries industrielles, etc. Bref, remettez-vous à la cuisine et suivez les recettes de Paule Neyrat sur votre site E-santé !

Publié le Vendredi 27 Août 2010 : 13h39
Mis à jour le Mardi 05 Octobre 2010 : 12h39
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